‹ Le comte de FrontenacChapitre 175 sur 358 · FRONTENAC ET DU LHUT · texte numérisé non relu

FRONTENAC ET DU LHUT

Avant de s'engager dans Touest, il avait eu soin de nouer des relations avec les peuples qu'il voulait visiter, il avait reçu d'eux trois esclaves, dit-il, et c'est sous la direction de ces guides, accompagné de sept Français, qu'il partit de Montréal, le 1" septembre 1678, « pour tâcher de faire la découverte des Nadouesioux et des Assenidoualaks ' qui nous étaient inconnus, et leur faire faire la paix avec toutes les nations du tour du lac Supérieur, qui vivent sous la domination de notre invincible monarque ». Dans une lettre à Frontenac, datée de a son hivernement, à trois quarts de lieue de Sainte-Marie du Saut », 5 avril 1679', du Lhut avoue au gouverneur général que son départ fut tacite^ et ne parle pas avec la même assurance que dans le mémoire à Seignelay, rédigé trois ans plus tard ; c'est que Frontenac n'aurait peut-être pas approuvé sans réserve une expédition partant du Saut-Sainte- Marie, c'est-à-dire de la principale mission des Jésuites; il ne peut être ici question des intérêts de La Salle, puisque, le 1" septembre 1678, celui-ci n'est pas encore rentré à Québec, avec les concessions nouvelles qui étendent son domaine à l'ouest, et que rien ne fait prévoir qu'il se trouvera plus tard en concurrence avec du Lhut, pour les pays du haut Mississipi; pour retenir du Lhut, le gouverneur avait donc d'autres raisons, soit le désir d'observer exactement les ordonnances, soit la crainte de développer, par une expédition de ce genre, le domaine des Jésuites dans la région supérieure des Lacs.

Des avis ultérieurs durent modifier les dispositions de Frontenac; du Lhut lui avait fait savoir ses premiers succès et prouvé combien son voyage servait les desseins d'une bonne politique indigène; dans sa lettre du 5 avril 1679, il ne cache point sa contravention, La Salle dira, plus durement, sa désertion^; mais, < n'étant pas de ceux qui prétendent pallier une faute par une plus grande », il recherchera, déclare-t-il, toutes les occasions d'informer le gouverneur général de ce qu'il apprendra sur sa route, et de ménager, parmi les populations qu'il rencontrera, les intérêts de la colonie. Il n'avait point encore atteint le pays des Nadouesioux, car il avait hiverné dans les environs du Saut-Sainte- Marie, mais dès le mois de décembre 1678, il s'était lié avec un

!• I^'autres textes écrivent Assinibouels.

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