‹ Le comte de FrontenacChapitre 179 sur 358 · VI, 20 et · texte numérisé non relu

VI, 20 et

BAIE d'uudson et agadie 227

documents qu'ils furent rédigés en France; le premier raconte les voyages de du Lhut, qui n'aurait jamais violé les ordonnances du roi relatives à la traite; au besoin des lettres originales des Pères Jésuites, missionnaires aux Outaouais, en porteraient témoignage; le second est une demande en autorisation de continuer ces découvertes dont les premiers résultats ont été d'affermir la paix et de faciliter le commerce parmi plusieurs nations auparavant inconnues des Français; du Lhut s'engageait, contre la simple permission d'ouvrir un entrepôt aux Nadouesioux, à rechercher les côtes de la mer de l'Ouest; il ne ferait aucune traite avec les sauvages qui apportent leurs pelleteries dans les habitations françaises; enfîn s'il réussissait à fonder des établissements nouveaux, il demandait qu'on lui en accordât un « en tous droits seigneuriaux, avec le commandement sous l'autorité de M. le gouverneur général et lieutenant en la Nouvelle-France». — La Cour n'estima point ces découvertes avantageuses; seul, La Salle devait alors continuer la sienne, sur l'utilité de laquelle on commençait même à formuler quelques doutes *. Du Lhut ne tarda pas à rentrer en Amérique; il ne parait pas qu'il ait renouvelé sa tentative d'atteindre la mer Vermeille; mais il jouera encore, chez les sauvages du lac Supérieur, un rôle très important. S'il est vrai qu'en fait, comme l'en accusent La Salle et Duchesneau, ses compagnons et lui se soient quelque peu moqués des ordonnances, on D'en doit pas moins reconnaître que Frontenac eut raison de ne point leur en tenir rigueur, puisque, S3pt cents lieues à l'ouest de Québec, ils avaient su trouver des nations inconnues et les disposer favorablement pour la Nouvelle-France.

Les explorations dirigées par Talon vers la baie d'Hudson ^'avaient pas été poursuivies méthodiquement pendant les premiers temps du gouvernement de Frontenac; les luttes politiques engagées dans le Canada même étaient encore trop vives; cependant, en 1676, la Compagnie anglaise de la baie d'Hudson se plaidait des empiétements des Français « obéissant à un Jésuite du nom d'Albanel ' ». Depuis 1678, l'importance de ces positions

1. Inslructioos pour rintendant Meulles, 10 mai 1682. Citées par Marffry, VI, 37. F» 6 jr,

2. Doc. du Public Record office, de Londres, cité par Brymner, Archives ^adiennes, 1883, p. 20.

apparut plus grande, à mesure que les expéditions de du Ll: étendaient à Touest et au nord des Lacs le domaine de Tintluer française; or les Anglais s'étaient depuis quelque temps étab au fond de la baie; dès 1670, une Compagnie anglaise de la b< d*Hudson avait été constituée à la suite des découvertes de de déserteurs français, Radisson et des Groseillers, passés par Bost au service de TAngleterre ^ Il est incontestable que Texpéditi de Saint-Simon et du P. Albanel, en 1671, avait fondé les dro de la France au moins sur une partie de ces côtes. Mais au Canac Ton se contenta de cette démonstration, toute de forme, tan< que les Anglais, ayant au fond de la baie des postes de trai continuaient à s'y enrichir '. Ils contrariaient l'action des m sionnaires français et le P. Albanel, après avoir résisté deux a dut constater l'inutilité de ses efforts et rentrer à Québec, d'où partit bientôt pour la baie des Puants '.

Peu à peu, les Anglais avaient élevé jusqu'à trois forts, dont appelé Monsoni se trouvait à l'extrême sud de la baie; un auti le premier construit, était plus à Test; il portait le nom du prin Rupert, neveu de Charles II, qui avait encouragé l'entreprise d déserteurs français; en même temps, la compagnie primitive, développant, avait acquis du roi d'Angleterre de nouveaux pri lèges : Charles II déclarait reconnaître de cette manière les r< vices du prince Robert, comte palatin du Rhin, de Christopt duc d'Albermale, et de quelques autres, « qui ont fait une expéditi à leurs frais pour découvrir un passage vers la mer du Sud trouver un commerce de fourrures » ; le texte porte cependant u importante réserve, puisqu'il limite le domaine de la Gompagi aux territoires « qui ne sont possédés par aucun de nos sujets ceux de quelque autre prince chrétien ». Il est daté de Weslminst 2 mai de la trente-deuxième année du règne, c'est-à-dire 168(

Cependant Radisson et des Groseillers, peut-être exclus de Compagnie anglaise, avaient obtenu de Louis XIV de repasser Canada; leur retour, coïncidant avec la nouvelle de ces tentati\ anglaises, excita le zèle des marchands français; à ce mome

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