‹ Le comte de FrontenacChapitre 182 sur 358 · Massach. Uist. Soc, III, I · texte numérisé non relu

Massach. Uist. Soc, III, I

S* Sorel à Duchesneau, Ar. col., C. G. Can., V, 71.

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au besoin, n'inquiétaient guère le Canada proprement dit; unis à des corsaires des Antilles, ils allaient piller la baie d*Hudson, Terre-Neuve, l'Acadie ; plus tard, enhardis, ils remonteront le Saint- Laurent pour assiéger Québec; les gens de New- York, pareils aux négociants français de Montréal, vivaient de leurs relations avec les sauvages, la voie de PHudson et du lac Champlaîn les menait au cœur du pays iroquois. Ce sont donc ceux-là, beaucoup plus que les Bostonnais, qui sont à craindre, et par malheur c'est sur les Bostonnais seulement, beaucoup moins dangereux, que nous pouvons lancer nos alliés indigènes d'Acadie, leurs proches voisins; pour annuler New- York, deux solutions sont possibles: ou bien s'en emparer de quelque manière, ou bien en détourner à jamais les Iroquois.

Plus d'une fois déjà, l'annexion de New-York au Canada avait été discutée; dès 1671, le document intitulé Mémoire d'un missionnaire ' montrait combien l'acquisition en serait aisée et avantageuse; mais, plus on lardait, plus l'entreprise devenait difficile. Charles II, si Louis XIV lavait voulu fermement, aurait sans doute vendu la colonie, comme il avait fait, au début de son règne, Dunkerque et Mardyck; sur place, il eût fallu peut-être employer la force pour établir la domination française; mais cette conquête nous eût coûté moins cher et rapporté davantage que Timpolitique guerre de Hollande. Duchesneau, dans un mémoire de 1G81 ', répétait qu'il fallait acheter Manhatte (New- York} et Orange; il regrettait qu'on laissât les Bostonnais, enrichis par la pèche, empiéter sur les domaines du roi en Acadie et dans la baie d'Hudson. Mais, dans sa pensée, l'annexion de ces colonies était surtout destinée à ruiner les Iroquois, tandis que, pour Frontenac, comme plus tard pour Callières, la France eût, de cette manière, écarté de ses possessions américaines les rivaux européens qui étaient ses véritables ennemis s.

Pour acquérir Manhatte, il fallait que le roi voulût bien trouver des fonds, et, chaque année, les lettres de la Cour recommandaient aux administrateurs la plus stricte économie ^; la colonie était donc réduite à ses propres ressources, et, les voyages récents

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