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les cures, « biaisant avec beaucoup d'adresse pour rendre la chose impossible dans son exécution »; il continue aussi des difficultés pour la vente des boissons enivrantes. Mais, dès Tannée suivante, il n'est plus question des spiritueux, Tévêque a dû s'entendre avec La Barre ; de même pour les cures : tous deux, malgré Tavis bien connu de la cour, ont fixé la portion congrue des curés à cinq cents livres, au lieu de quatre cents; Tévèque, disposant à son gré du fond de six mille livres que le roi donnait chaque année pour l'entretien des curés, en affecte une partie à d'autres usages; en un mot, la domination de M«' Laval sur son clergé, l'indépendance entière des prêtres à l'égard du pouvoir civil s'affirment de plus en plus. La Barre, loin de s*en inquiéter, s'associe à toutes les revendications de l'évêque, appuie ses observations à la Cour, et suscite mille ennuis aux Récollets ^
Les réponses du ministre sont fort dures pour la faiblesse de La Barre ; non seulement le gouverneur est blâmé d'avoir élevé de cent livres la portion congrue des curés, mais encore le roi réduit à quatre mille livres sa subvention annuelle pour le culte au Canada; il se dit même résolu k la « supprimer entièrement en deux ou trois années, afin d'accoutumer peu à peu le pays à fournir ce qui est nécessaire pour la subsistance des curés » ; si Ton ne trouve pas dans la colonie de prêtres qui veuillent se contenter de quatre cents livres, que l'évêque nomme aux cures des religieux; au besoin, le roi connaît en France des ecclésiastiques qui accepteraient volontiers la situation que leurs collègues cana* diens déclarent insuffisante, et les enverra pour faire les fonctions curiales '. — Dans toute cette affaire l'intendant Meulles avait combattu la politique de La Barre; s'il n'avait pas osé intervenir pour empêcher l'évêque d'ordonnancer à sa guise les fonds royaux — et le ministre le lui reprocha, — du moins, il avait écrit que la portion congrue de quatre cents livres était assez forte, comme le prouvait l'exemple du P. Sixte, RècoUet, qui vivait honorablement à Trois-Rivières, dans une cure valant à peine trois cents livres. Mais les curés ne veulent pas s'habituer « au ménage qu'on doit avoir pour subsister d'un médiocre revenu »; ils ne veulent point s'entretenir, vivent en pension, prennent leurs
1. Correspondance de 1683-84. Ar. col., C. G. Gan., VI, 144, 323, et M. S. M., Mém, 164.