‹ Le comte de FrontenacChapitre 257 sur 358 · Ceci est spéciGc dans les instructions de FronteDac · texte numérisé non relu

Ceci est spéciGc dans les instructions de FronteDac

rables qu'on ne le pouvait craindre, car plusieurs des mèches allumées par Valrennes au départ s'étaient éteintes avant d'en- Ûammer la poudre; les ennemis avaient pillé tout ce qui avait été laissé, mais s'étaient ensuite retirés; le fort ne resta donc que quelques jours privé de sa garnison française, et les Iroquois n'eurent pas longtemps à s'enorgueillir d'en avoir chassé les Français. L'arrivée de Valrennes à Montréal fut pour Frontenac un coup douloureux : la ruine de son œuvre était donc consommée! Et, dans la lettre qu'il écrit au roi, dès son retour à Québec, il lui échappe un aveu de découragement : « Il faudrait presque un miracle pour faire la paix, et un autre, plus grand encore, pour soutenir la guerre sans de nouveaux secours *. » On lui annonçait en effet que les Iroquois devaient au printemps attaquer Montréal et joindre sous Québec une flotte anglaise. La iVouvelIe-France aurait-elle assez de forces pour repousser tant d'ennemis?

Frontenac, dans ce moment critique, montra toute sa valeur; t*omme le dit un mémoire contemporain, son grand succès fut « de «établir la confiance dans les esprits consternés ^ ». C'est qu'il payait de sa personne avec tant d'intelligence et de zèle que tous le secondaient vaillamment; l'indiscipline qu'il avait d'abord Constatée avait disparu du jour où les Canadiens avaient senti à leur tète un homme digne de les commander, et Champigny, qui devait connaître de réputation l'ancien adversaire de l'intendant Duchesneau, ne formulait, du départ de Denonville, qu'un timide regret '. Pendant les quelques jours qu'il resta dans l'île de Montréal, Frontenac en organisa la défense : une nouvelle palissade fut commencée tout autour de la ville, « en pieux de cèdre de quinze pieds hors de terre » ; les troupes, passées en revue par le gouverneur et divisées à nouveau selon les ordres de la Cour, furent réparties dans leurs quartiers d'hiver; dix patrouilles parcouraient fréquemment la campagne; des fortins, dressés dans les principales concessions, furent munis chacun d'un canon, que l'on tirait en cas d'alerte, pour prévenir les voisins *; cependant

1. Leltres de Frontenac, 15 nov. 1089; de Champigny, 14 nov. 1690. — La Hootan, lettre XVIII. — Cf. le chap. précédent.

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