‹ Le comte de FrontenacChapitre 258 sur 358 · Lettre du 16 nov. 1689. Id., id · texte numérisé non relu

Lettre du 16 nov. 1689. Id., id

4. Lettre de Frontenac du 15 nov. 89.— Mémoire des guerres de 1682-1712.

au moment du départ des vaisseaux, Frontenac recevait encore de Montréal l'avis que, le 13 novembre, 150 Iroquois avaient passé dans File et pillé plusieurs maisons; il espérait quon ferait passer de France quelques renforts bien nécessaires *. Pendant l'hiver, le gouverneur fit faire au château Saint-Louis les réparations les plus urgentes; mais Tannée suivante, il était forcé de demander au ministre qu'on lui envoyât des ardoises, car la toiture était endommagée et la pluie pénétrait jusque dans ses appartements privés *. Frontenac avait aussi construit, pendant la même saison, des barques pour la navigation du Saint- Laurent, comme ce <c pesant brigantin » sur lequel La Hontan prenait passage pour remonter, au printemps, à Montréal; lorsque, peu de mois après, le gouverneur quitta de nouveau Québec, il s'arrêta quelque temps à Trois-Rivières, pour y tracer un fort '. Il aurait voulu qu'on lui envoyât de Rochefort quelques chaloupes canonnières, pour protéger la navigation fluviale et troubler les incursions des sauvages * ; il ne reçut rien, mais avec les moyens dont il disposait, dès la fin de 1689 toutes les précautions étaient prises pour éviter le retour d'incidents désastreux, comme celui de la Chine au mois d'août précédent.

II est juste d'ajouter que la mollesse et l'indécision du gouverneur Denonville n'avaient pas empêché que des succès partiels fussent remportés en 1689 par de hardis chefs de bande : c'est ainsi que les Abénaquis avaient infligé une sanglante défaite aux colons de la Nouvelle-Angleterre et que d'Iberville avait de nouveau montré ses brillantes qualités contre les Anglais de la baie d'iiudson. L'Acadie était ouverte aux pirateries des Bostonnais; Port- Royal était à peine fortifié, le gouverneur Menneval disposait d'une quarantaine d'hommes et la seule crainte qui arrêtât les Anglais était celle des représailles que dirigeaient contre leurs habitations les capitaines de sauvages établis aux Abénaquis. Cette nation était heureusement très fidèle à la France et, dès ([ue l'on apprit dans ses bourgades, l'année suivante, les inlen-

i. Lettre du 17 nov. 1689. Ar. col., C. G. Can., X, 207.

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