‹ Le comte de FrontenacChapitre 259 sur 358 · Ar. col., C. G. Can., XI · texte numérisé non relu

Ar. col., C. G. Can., XI

lions des Anglais contre Québec, les anciens dépêchèrent à Froneûàc un exprès pour l'avertir *. En juillet 1689, au moment néme où les Iroquois préparaient leur invasion de Tilc de Montéal, les Abénaquis des environs de Pcntagoet, au nombre d'une entaine, s'avançaient avec prudence vers le fort de Pemkuit; ils taient sans doute poussés par l'abbé Thury, leur missionnaire, l leur première attention avant de partir en campagne, avait été, it Char] e voix, « de s'assurer le secours du Dieu des armées en approchant des sacrements ». Le fort de Pemkuit, surpris, fut ccupé, non sans une fusillade assez vive; d'après Tintendant hampigny, qui rend compte de cette expédition, il était armé e vingt pièces de canon, et 200 Anglais auraient été tués. Ces iifTres paraissent exagérés, mais, en sens inverse, les Anglais irent certainement plus de morts que les sept qu'ils avouèrent, î commandant du fort, qui avait d'abord voulu résister, se rendit merci avec les soldats qui lui restaient; on leur permit de s'en 1er librement, les engageant seulement à ne point revenir, et tte capitulation fut ponctuellement observée. 11 parait que lu mmandant anglais en partant dit aux sauvages « ({u'ils avaient ! bonne poudre et tiraient bien juste »; les Abénaquis, revenus Pentagoet, exprimèrent à l'abbé Thury le regret de n'avoir pas i 200 bons coureurs de bois avec eux : ils les auraient menés squ'à Boston *. Le nMe des missionnaires, dans la direction expéditions de ce genre, est certainement prépondérant, et înonville, dans un mémoire qu'il rédigea pour Seignelay on 90, note avec raison que, dans ces villages abénaquis, la pré- Qce des missionnaires était une garantie de la fidélité des indinés; aussi les Anglais ne négligeaient rien pour entraver euvre des prêtres et les faire expulser ^; de ce côté du Canada, i Iroquois n'étaient guère à craindre, car, dans leurs courses j plus audacieuses, ils ne descendaient point au-dessnus des ois-Rivières; les Anglais restaient donc les seuls ennemis de la i contre lesquels les missionnaires pouvaient exercer le zèle de urs nouveaux chrétiens.

Les deux Compagnies rivales, française et anglaise, n'avaient

i. Lettre de Frontenac, nov. ICOO. Ar. col., C. (i. ('an.. XI, 90.

2. Lettre de Champigny, lt> nov. 1080. Ar. col., (iliarlcvoix, 1, 557, ja9. G. Can.. X, 2ti.

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