Mém. des guerres de 1682-1712. — La Hontan, lettre XVIII
LK COMTC OB PRONTCMAC. 24
C'est que le gouverneur général espérait, par Tintermédiaire de «ce chef indigène, recouvrer Tascendant qu'il exerçait jadis sur les Iroquois; s'il n'y réussit pas immédiatement, Ouréouharé lui fut pourtant très utile, en obtenant la délivrance de plusieurs prisonniers français et combattant sans relâche les dispositions malveillantes de ses compatriotes *. Monté à Montréal avec Frontenac, en octobre 1689, Ouréouharé reçut, aux côtés du gouverneur, une ambassade iroquoise qui pensait trouver encore Denonville et dont le chef, n'appréciant pas Timportance de ce changement de personnes, se montra fort insolent. Frontenac lui parla comme il convenait, en termes énergiques, et l'arrivée d'un convoi de canots, descendant de Michillimackinac et du Saut- Sainte-Marie, compléta son discours d'un heureux commentaire. Ouréouharé pria ses compatriotes d'annoncer dans leurs villages le retour d'un Onontio dont ils connaissaient l'affection, auquel lui-même, Ouréouharé, devait sa liberté, et qui était animé toujours des mêmes intentions pour ses enfants; si les Cinq-Nations voulaient députer des ambassadeurs à Montréal, ceux-ci verraient <( leur ancien père, venu pour leur donnera téter » (sic). Mais la trahison de Champigny, les avantages récemment remportés sur les Français avaient exaspéré les passions belliqueuses des Iroquois; à ces discours pacifiques les anciens répondirent qu'ils ne reconnaissaient plus de père parmi les Français et qu'ils continueraient la guerre; ils tinrent parole, puisque, le 13 novembre, ils lançaient encore un parti contre l'île de Montréal. Pour les dompter, Frontenac entreprit de leur prouver qu'il était plus fort qu'eux, et qu'il restait maître de faire ou non la paix : chaque fois qu'un Iroquois était pris aux environs des habitations françaises, il le faisait mettre en liberté et le renvoyait avec des présents; mais, d'autre part, il avait repris ses relations avec les tribus indigènes du haut pays, et déclarait aux Oulaouais qu'il entendait, comme autrefois, rester leur protecteur*; il prétendait montrer aux Cinq-Nations qu'elles ne pourraient plus faire impunément la guerre aux Français, comme à l'époque de Denonville.
Dans l'automne de 1G89, du Lhut, parti en exploration avec quelques hommes, avait dispersé une bande d'Iroquois dont plu-