Voir La Potherie, III, 130 ss
ordre ; de leur côté, les Anglo-lroquois se retirent, emportant des trophées d'armes et de scalps. Par bonheur, la fusillade avait été entendue de Yalrennes qui conduisait une reconnaissance à Test vers le fort de Chambly; marchant au feu, cet officier arrive à temps pour prendre les ennemis à revers et leur couper la route; des troncs d'arbres, tombés en travers du chemin, lui servent de barricades; pendant plus de deux heures, il résiste à relîort des alliés pour forcer le passage; lui-même, debout derrière ses hommes, commande l'action; désespérant enfin de le débusquer, les ennemis se dispersent dans les bois; leur déroute est complète et, sans la mollesse d'Iroquois chrétiens qui refiSçrent de les poursuivre, fort peu d'entre eux se fussent écha^-\és; ils avaient perdu plus de cent morts, et beaucoup d'autres étaient blessés. L'acharnement du combat fut extrême : un Anglais, se jetant au milieu des Français, avait saisi Valrennes à bras-lecorps; fait prisonnier, il déclara que d'autres partis, de quatre ou cinq cents hommes, étaient formés contre Montréal et Catarocouy : la défaite du premier les arrêta sans doute, puisque l'été s'acheva sans attaque nouvelle et que l'on fit tranquillement la moisson, fort abondante *.
Ouréuuharé commandait, à la journée de la Madeleine, un contingent de sauvages chrétiens; il s'était fort bien battu, et c'est lui qui eut l'honneur d'apporter à Frontenac la nouvelle de la victoire; il trouva le gouverneur à Trois- Rivières, où il venait d'arriver pour suivre de près les événements; Frontenac s'empressa d'ajouter un post-scriptum à une lettre adressée à la Cour et qu'il confiait « au premier bâtiment partant en droiture pour la France »; il évaluait les pertes des ennemis à cent vingt tiommes, les nôtres à quarante, dont sept ou huit officiers; il signalait la belle conduite de Valrennes et demandait quelques renforts; mille hommes, disait-il, suffiraient à peine; Denonville déjà se plaignait d'avoir trop peu de troupes, « et n'avait pas les Anglais sur les bras ». — Il renouvelait sa requête avec insistance, dans son mémoire du 20 octobre ' : Phips, comme il le
1. Sur Tengagemcnl de la Madeleine, le récit le plus complet est celui de Bênac. — Voir aussi la lettre de Frontenac d'ocl. 1091, et le mém. cité des événements de 1690-1691. — Tous ces documents sont au tome XI de la C. G. 2an., aux Ar. coi. — Charlevoix donne un bon résumé, II, 102 ss.