Voir Charlevoix
partir pour la France, il entretint Frontenac de Timportance de Terre-Neuve; le gouverneur général en avait été déjà frappé, comme le prouve sa lettre du 10 mai 1091, où il en parlait à la Cour. Dans la grande ile, de même qu'en Acadie, nous n'avions que des postes à peine fixes, dont le principal était appelé, non sans quelque présomption, le fort de Plaisance; c'était simplement un bourg, centre d'opérations pour les marins basques et bretons qui péchaient la morue dans le golfe du Saint-Laurent. Le roi y avait placé quelques hommes de troupes, dont le commandant, récemment nommé, s'appelait alors Brouillan '. Soii négligence des gouverneurs, soit plutôt que la flottille du Saint- Laurent ne fût pas capable d'une navigation maritime, Terre-Neuve était jusqu'alors restée comme étrangère au Canada; nous ne voyons pas que les escadres destinées à Québec aient jamais fa V\ escale à Plaisance, et les deux colonies vivaient ainsi côte à côt ^ sans se connaître. Une des plus grandes nouveautés du gouvcrn^^ment de Frontenac fut précisément de faire ressortir cette ancz*malic; ce n'était point facile, car, par une de ces sottises admini ^tralives dont le xvii*' siècle n'a pas gardé le secret, Terre-Neu^taT-e relevait du port de Brest, tandis qu'on armait à Rochefort pour He Canada *. Bien conseillé par d'iberville, l'un des plus intelligen *s et des plus hardis des Canadiens de cette époque, Frontenac atti^r^a l'attention du ministre sur l'utilité générale, pour toutes nos po ^=sessions d'Amérique, d'une action énergique à Terre-Neuve : av«=3C quatre-vingts soldats ou miliciens bien choisis, d'Iberville se fa^ ->" sait fort de surprendre tous les postes anglais de l'île *•
On ne pouvait point, malheureusement, compter beaucoup si^^*'* le gouverneur de Plaisance : les habitants accusaient Brouillai '^ de ne songer qu'au commerce et d'accaparer pour ses aflair^^^ personnelles les fonds et provisions que le ministre destinait au fortifications ou aux troupes *. Il semble aussi que du Tast ai fait assez mauvaise impression sur Frontenac, ayant contesté 1droit du gouverneur général de diriger une entreprise sur Terre Neuve ^ Bref, pour l'année 1691, on se contenta de ravitaillei
1. Ses instructions sont datées du 17 février 1691. Ar. col., 0. d. R., vol 1691.16'.»3, p. 1.