‹ Le comte de FrontenacChapitre 298 sur 358 · c/., ie · texte numérisé non relu

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phytes : « Cela vaut mieux, disait-il, que de les exposer à boire tous les jours Teau-de-vie des Anglais et à sucer l'hérésie *! » Si les Jésuites voulaient faire interdire le trafic de boissons, qui attirait les sauvages auprès des officiers du gouverneur et des marchands, c'est qu'ils considéraient le Canada comme une terre de prédication et par suite de domination; ils imploraient pour leurs missions la générosité du roi; « par cette colonie, écrivaient-ils, le nom de Sa Majesté se répand chez toutes les nations jusqu'au golfe du Mexique; la religion est portée à plus de sept cents lieues de Québec ' ». Ils oubliaient que, si La Salle avait établi le lien entre la Nouvelle-France et le golfe du Mexique, ils n'y avaient, eux, nullement contribué, tout au contraire. Mais, sur ces pays récemment découverts, ils comptaient bien développer « le champ de leur travail apostolique », et la surveillance des agents de Frontenac les gênait.

Le gouverneur général connaissait leurs ambitions, et comme autrefois il encourageait les Récollets pour y faire contrepoids; il s'était assurément mis d'accord sur ce point avec M^' Saint- Vallier, lorsque en 1691 ce prélat était parti pour la France; nous voyons en effet que, parmi les prêtres qu'il ramena, figurent quatorze Récollets; ces religieux obtenaient, en mars 1692, des lettres patentes du roi pour Tagrandissement de leurs églises canadiennes, sous condition du consentement du gouverneur général. L'évéque, à Paris même, négociait l'achat de la maison qu'ils avaient à Québec, sous le nom de couvent de Notre-Dame des Anges, et, le 13 septembre 1692, Frontenac approuvait le contrat, en sa qualité de « syndic apostolique des RR. PP. Récollets, père et protecteur de toutes leurs missions »; dans cet édifice, il y avait, parait-il, une partie que lui-même avait fait construire, et qu'on appelait le bâtiment de M. le comte. Au môme moment, les Récollets érigeaient en couvent régulier, sans aucune opposition de l'évêque, leur maison de la haute ville; dans la liste des concessions pour 1692, ils sont cités encore avec une terre pour la construction de leur église; Frontenac les recommandait spécialement au ministre, les disant très désintéressés, très pauvres, et d'autant plus dignes de secours que, seuls

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