‹ Le comte de FrontenacChapitre 306 sur 358 · Voir doc. cités, /c/., M. S. M., V · texte numérisé non relu

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pable lui-même de quelques violences de langage, il avait droit ù des excuses; le ministre le priait toutefois de les recevoir modestement, et « sans Fappareil d'une réparation publique ^ ». Il est probable que ces avis furent écoutés, et que les procès commencés furent abandonnés, car les registres du Conseil Souverain n*en portent plus trace depuis la fin de Tannée 1694; mais entre d'Auteuil et Frontenac la réconciliation fut de pure forme *.

Pendant que ces débats obligeaient Frontenac à dépenser sans profit pour la colonie une activité que Tâge semblait ne pas atteindre, ses adversaires poursuivaient patiemment leurs desseins, c'est-à-dire qu'ils s'attachaient à rendre difficile au gouverneur la surveillance des relations avec les indigènes. Ghampiguy donna le signal de cette campagne en i693. Inquiet, disait-il, des ravages de Teau-de-vie parmi les sauvages et soucieux de faire respecter les ordres du roi, il rendait de sa propre autorité, le 11 septembre de cette année, une ordonnance pour entraver la traite : tous les permissionnaires munis de congés réguliers devaient, avant de partir, faire une déclaration explicite des objets qu'ils emportaient; pour prévenir les fraudes auxquelles donnait lieu souvent le transport des présents aux sauvages, il serait dressé de ces présents un état particulier, et la distribution aurait lieu devant les missionnaires ou toutes autres personnes non suspectes; les officiers, contrairement aux habitudes prises, n'emporteraient de marchandises que pour la valeur de leur solde pendant le temps de leur commandement dans les postes, et point d'eau-de-vie. C'était troubler toute l'économie de nos rapports avec les indigènes, et de plus instituer un régime insupportable de contrôle et d'inquisition.

La réponse de Frontenac ne se fit pas attendre; le lendemain même, 12 septembre, il publiait une ordonnance destinée, disaitil, à commenter celle de l'intendant. Très carrément, il pose les droits de son pouvoir supérieur en face des prétentions de Champigny : les officiers, les soldats, les habitants détachés pour le service de la colonie n'ont d'ordres à recevoir que du gouverneur; conformément aux lettres royales, ils peuvent librement traiter l'eau-de-vie dans les bourgs des sauvages; il n'y a

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