‹ Le comte de FrontenacChapitre 33 sur 358 · Frontenac à Colb. : 9 nov. 72. Mém. et Doc, I · texte numérisé non relu

Frontenac à Colb. : 9 nov. 72. Mém. et Doc, I

de municipalités, c'est une question sur laquelle nos documents sont muets; nous savons seulement que souvent des habitants furent réunis pour examiner des affaires d'intérêt commun, mais que jamais ces convocations ne furent régulières ni surtout lancées sans l'aveu des administrateurs.

Depuis deux ans déjà, Talon demandait à Colbert un rappel définitif; le ministre annonce à l'intendant, par lettre du 4 juin i672 *, qu'il a satisfaction. « Vous recevrez votre congé, dit-il, et ainsi vous ne resterez au Canada que jusqu'au mois de septembre ou octobre; mais vous devez observer d'y demeurer le plus tard que vous pourrez, afin que vous y puissiez donner tous les ordres nécessaires, et même en maintenir l'exécution pour quelque temps en votre présence. » Le ministre tenait, on le voit, à mettre une certaine continuité dans la direction des affaires canadiennes, et Talon eût comblé les vœux de Colbert en renonçant à revenir en France; mais il était las de se voir sans cesse inquiété, contrôlé. Très exactement, il se conforma aux intentions du ministre en initiant Frontenac aux traditions déjà établies de son gouvernement, mais il partit pour la France, avec Courcelles, par les vaisseaux de 1672 *. D'accord avec lui, Frontenac envoya Jolliet à l'ouest, tandis qu'il faisait passer, en Acadie, des secours au chevalier de Grandfontaine '. Mais Talon se soucia peu d'assister à la réunion des États Généraux, où l'autorité du gouverneur général s'affirmait avec tant d'éclat. Frontenac l'excuse sur une légère indisposition *; bien légère, en effet, car deux jours après les États, le 26 octobre 1672, nous voyons Talon présent à la séance du Conseil Souverain, pour faire enregistrer les provisions du lieutenant général de la ville de Trois-Rivières ^. C'est la dernière fois que son nom est mentionné dans les registres du Conseil; mais on le trouve encore au bas de deux concessions, l'une du 7 novembre 1672, l'autre, du 13 de ce mois ^. Il ne quitta

Page 1