‹ Le comte de FrontenacChapitre 64 sur 358 · Count Frontenac · texte numérisé non relu

Count Frontenac

voyage de Saint-Lusson; La Salle va jouer ici un rôle tout à fait analogue à celui du célèbre coureur de bois. Personne n'a encore soupçonné tout l'avenir de la position où Frontenac veut établir un fort, car JoUiet n'est pas revenu : au moment même où Frontenac prépare son expédition du lac Ontario, JoUiet avec le P. Marquette achève, à cinq cents lieues de là, la descente du Mississipi.

L*abbé Faillon, qui, dans son histoire des premières années du Canada, se montre un zélé Sulpicien, accuse vivement Frontenac * d'avoir uniquement songé à ses intérêts personnels, autrement dit d'avoir créé pour ses amis et pour lui un poste de traite plus avancé dans les territoires de chasse que la seigneurie sulpicienne de Montréal ; sans insister ici sur ces accusations, dont nous aurons à reparler à propos du différend entre le gouverneur général et François Perrot, gouverneur particulier de Montréal, il est permis d'affirmer que les desseins de Frontenac, en reprenant un projet déjà formé par Courcelles, approuvé par Talon, n'étaient nullement intéressés; il lui fallut même une véritable audace pour s'engager ainsi dans une expédition aventureuse en pays presque inconnu ; s'il ne se laissa point arrêter, c'est qu'il voyait là, pour la prospérité, pour la vie même de la colonie, une question d'utilité générale.

La Salle avait quitté Montréal dès l'ouverture de la navigation, c'est-à-dire dans les premiers jours de mai ' ; aussitôt arrivé chez les Iroquois, il se mit en rapport avec les Jésuites; c'est ainsi qu'aux Tsonnontouans, le P. Garnier, chargé par lui de transmettre la convocation du gouverneur, rend compte à Frontenac de ce qu'il a fait, par une lettre du 10 juillet 1673. « Les principaux de chaque bourg ont été députés pour vous aller trouver au lieu que vous leur avez marqué; ils sont en bonne disposition de recevoir vos ordres et de vous contenter en tout... Ils souhaitent aussi passionnément que les Français habitent leur pays... ' » Il en fut sans doute des autres tribus comme des Tsonnontouans, et pendant que les Iroquois, convaincus ou résignés, faisaient leurs préparatifs, Frontenac, de son côté, sans attendre les avis de La Salle, achevait les siens; il était déjà tout près du lac Ontario,

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