‹ Le comte de FrontenacChapitre 66 sur 358 · Voir au chap. suivant · texte numérisé non relu

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qui se plaint d'un abus de ce genre, on a le droit de douter, après tant d'années écoulées, que la conduite de Frontenac ait jamais été, en ces matières, un exemple ou un prétexte.

11 est très vraisemblable que Frontenac fut obligé de recourir à la corvée pour organiser son voyage; « dès que les plus fortes gelées furent passées, on se mit à la construction des bateaux, à l'amas des choses nécessaires à l'expédition » ; des canots devaient être apprêtés dans toutes les côtes, et tout était prévu pour une concentration à Montréal, vers la fin de mai * ; tous ces travaux exigeaient le concours des habitants, car le gouverneur n'y aurait pu suffire avec le petit nombre de soldats dont il disposait. Mais la saison était encore celle où le cultivateur ne peut toucher k ses champs, durcis par la glace ; et la hâte de Frontenac s'explique aussi bien que le désir de ne point entraver les travaux de la campagne que par la crainte de recevoir des ordres désagréables de la Cour. Ne montre-t-il pas, d'ailleurs, combien il s'intéresse aux laboureurs des côtes de Québec, en différant d'un mois son départ pour leur laisser faire les semailles, retardées par le mauvais temps? Il dépêche même aux Iroquois un nouvel ambassadeur, de Hautmény, pour les prévenir de ce contretemps *. Aussi bien les habitants n'ont pas songé à se plaindre; au contraire, l'union est alors complète; récemment, Frontenac consulté les notables de Québec au sujet d'un règlement de police, et la réunion a eu lieu dans l'église des Jésuites ' ; maintenant, outre les soldats et les miliciens des côtes, des volontaires se joignent à l'expédition *.

Frontenac, enfin, n'a pas déclaré tout d'abord tout ce qu'il voulait faire. « Il se contenta de laisser entendre qu'il était résolu d'aller, au printemps, visiter toute l'étendue de son gouvernement, pour connaître le pays et, en se faisant voir aux sauvages qui l'habitent, les assurer de la protection de Sa Majesté, pourvu qu'ils maintinssent la paix avec nous. » — Il n'eût pas été vraiment très habile de publier qu'on voulait établir un poste pour tenir en bride les Iroquois, et c'est là certainement la raison des réticences de Frontenac; la lettre qu'il reçut en route de La

l.Margry, I, 198.

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