Jug. du C. S., I
traite aux seuls habitants, c'est-à-dire « à ceux qui ont feu et lieu, et travaillent à Taugmentation de leur habitation » ; cet arrêt déclare encore que le gouverneur donnera des congés de chasse, « comme il a toujours fait, à ceux-là seulement qu'on lui certifiera avoir des habitations et y travailler actuellement »; il n'y a point là contradiction puisque Tépoque de la chasse est l'hiver, c'està-dire la saison où la terre, durcie par la gelée, interdit tout travail au laboureur. Ainsi Frontenac avait utilement employé son énergie, et sa vigilance avait, certainement, beaucoup réduit le mal dont souffrait la Nouvelle-France; le gouverneur général n'avait point négligé, cependant, de faire continuer le procès de Perrot, et cette affaire avait pris une importance nouvelle par l'intervention malencontreuse de l'abbé de Fénelon.
Dans l'interrogatoire du 31 janvier, auquel il avait consenti à répondre ', Perrot avait reconnu avoir fait arrêter le sieur du Pas, muni d'un congé de Frontenac, et laissé libres au contraire d'autres personnes qui trafiquaient dans Tile Perrot; il avait objecté aux enquêteurs que, celles-ci ne se trouvant point dans les limites de son gouvernement, il n'avait pas à s'en préoccuper, tandis que du Pas et ses compagnons, contrairement aux termes formels de leur congé, vendaient de l'cau-de-vie aux sauvages, et cela, dans l'île même de Montréal. Quant à lui, Perrot, il n'avait plus délivré de permis de traite depuis les derniers ordres de la Cour; auparavant, il n'en avait donné que six. Il n'est pas besoin d'en noter davantage pour prouver que Perrot faisait échec à l'autorité de Frontenac; ces traitants qu'il refusait de poursuivre, parce qu'ils n'opéraient point dans son gouvernement, c'étaient son lieutenant Brucy et ses associés, dont le Conseil Souverain jugea la complicité si bien établie, qu*il joignit leur cause à celle du principal accusé, par décision du 14 avril 1674 ".
Pourquoi le gouverneur de Montréal, après avoir fait acte de soumission, refuse-t-il ensuite de répondre à l'enquête? Parce qu'il avait appris la nomination de La Nauguëre, dit l'abbé Faillon. Ceci n'est pas exact, puisque la commission de La Nauguère est du 10 février, et que le Conseil enregistre, le 8 de ce mois, le refus de Perrot '. Le prisonnier était alors au secret, et