‹ Le comte de FrontenacChapitre 94 sur 358 · Voir ci-dessous, chap. IX · texte numérisé non relu

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mandement des armes »? Ce pouvoir-là sans doute était celui dont Frontenac, justement inquiet de questions plus intéressantes, se souciait le moins; ce soldat, qui avait montré sa bravoure sur plusieurs champs de bataille, avait compris qu'il avait mieux à faire, dans sa situation nouvelle, que d*organiser un gouvernement militaire; son système était celui d'une paix vigilante, et l'expédition même de Catarocouy, qui eût si facilement dévié en une guerre, avait gardé, grâce à sa prudence, son caractère de simple démonstration. Colbert voulait-il donc le condamner à Toisiveté brillante des gouverneurs des provinces de France, ou bien s'imaginait-il que le voisinage des Iroquois suffirait pour occuper toute l'activité d'un homme comme Frontenac? Quoi qu'on dise, et quelque respect que l'on professe pour la mémoire de Colbert, on doit avouer qu'en ce qui concerne la Nouvelle-France, il s'est trompé. Fut-il dupe de faux rapports? Ou se figura-t-il qu'un gouverneur muni de pouvoirs exceptionnels, fût-ce en Canada, ferait tache sur l'annuaire si sagement réglé de la bureaucratie royale? L'abbé Faillon parle * d'un mémoire que l'abbé d'Urfé, parent de Fénelon, aurait fait passer au ministre h la fin de 1674, et qui était fort dur pour Frontenac. Il est très possible que ce document ait disposé le ministre à ne plus se contenter d'observations écrites; la lecture des pièces du double procès de Perrot et de Fénelon dut confirmer cette impression; mais, au mois de mai i67i, quand Colbert n'était point encore au fait de tout cela, n'est-ce pas seulement son goût d'uniformité impitoyable qu'il affirmait dans ses reproches à Frontenac? Ce jour-là déjà, comme quelquefois depuis, on fut mal inspiré de prétendre diriger de Paris les détails du gouvernement d'une colonie.

Pour ramener l'autorité de Frontenac aux limites réglementaires de la métropole, Colbert imagina donc de renforcer le Conseil Souverain, en donnant à tous les magistrats qui le composaient une investiture royale, puis de placer à côté du gouverneur un intendant, comme à l'époque de Courcelles et de Talon. D'après l'édit constitutif du Conseil Souverain (mars 1663) *, le gouverneur s'entendait avec Hntendant et l'évcque pour désigner les

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