Ar. col., C. G.Can., II
membres du Conseil, alors au nombre de quatre, et leur faire prêter serment; le roi délivrait ensuite des provisions aux conseillers ainsi choisis. Désormais à dater de la déclaration royale du 5 juin 1675, tous les membres du Conseil seront directement nommés par le roi; leur nombre sera porté de quatre à sept, sans compter un procureur général ; chacun recevra sa commission individuelle *. La déclaration royale fut enregistrée à Québec le 23 septembre 1675, en une séance où figuraient Frontenac, Mfi^ Laval et le nouvel intendant, Duchesneau ". Les conseillers désignés par le roi dans un ordre qui ne doit pas être modifié, sont Louis Rouer de Villeray, avec le titre de premier conseiller, puis Le Gardeur de Tilly, Mathieu Damours, Nicolas Dupont, René Charlier de Lotbinière, Jean-Baptiste de Peyras et Charles Denis de Vitré ; parun acteanalogue, d'Auteuil est nommé procureur général, et des lettres royales sont encore décernées à des magistrats inférieurs, Louis-Théandre Chartier, lieutenant général de Québec, juge de première instance, Peuvret, greffier du Conseil, et Rageot, greffier de la justice ordinaire. Il est trop clair que la réforme est dirigée contre Frontenac, dont le ministre veut diminuer Tindcpendance; quelques-uns de ces conseillers sont des amis du gouverneur, comme Tilly que lui-même recommandait à Colbert, comme Peyras et Vitré, qui avaient reçu de lui des concessions de terres que la cour confirma'; mais le retour de Villeray comme premier conseiller et surtout la nomination d'un intendant qui serait le président effectif du Conseil enlevaient à Frontenac l'autorité dont il disposait naguère sur cette assemblée. Si Ton étudie de près les termes de la lettre de Colbert du 22 avril 1675 *, on remarque que Villeray n'avait point passé au Canada l'hiver de 1674-1675, puisque le ministre recommande à Frontenac de Tinstaller « dès son arrivée ». Fénelon, Perrot, Villeray, d'Urfé peut-être se trouvant ensemble à Paris et d'accord pour accuser Frontenac, on comprend mieux que Colbert ait manqué de la clairvoyance ou de la fermeté nécessaires pour continuer, en laissant celui-ci seul maître du gouvernement du Canada, l'expérience qu'il avait commencée. La nomination royale de Duchesneau est datée, d'après les