‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 13 sur 395 · Ar, col., C · texte numérisé non relu

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du service religieux, Fl’administration de la justice et des soins médicaux, la surveillance en commun des bestiaux; il faudra d'abord grouper ces villages autour de Québec (Montréal n’était encore qu'un lointain poste de traite), et sur ces terres nouvellement occupées, imiter le système romain des praedia militaria, c'est-à-dire faire défricher par les soldats pour établir ensuite les familles qui viendront de France.

En fait, nombre de soldats devinrent habitants, et fondèrent eux-mêmes des familles, car le gouvernement prit soin, pendant plusieurs années, d'envoyer au Canada des jeunes filles qui trouvaient mari dès leur débarquement. Tous, cependant, n'avaient pas le courage de mettre leurs concessions en valeur : c’est que la tâche était rude, de déposséder la forêt pour semer des moissons dans les clairières conquises; les bois conviaient les aventureux à La vie nomade du chasseur indigène; beaucoup alors quittaient les rives du bas Saint-Laurent et partaient vers l’ouest, à la recherche du castor et de l’orignal; en vain, les gouverneurs se plaignaient de ces désertions; jamais ils ne purent les empêcher.

Talon, pourtant, ne cessait de répéter que le sol canadien offrait mille ressources variées; lui-même n'’hésitait pas à faire des essais pour donner l'exemple; on pourrait, disait-il dans une lettre au roi, en 1666, cultiver le chanvre si l’on n’expédiait plus de fil de France; il serait facile d’exploiter les bois pour la construction des vaisseaux et de pêcher la morue sur les rives si poissonneuses de l’île Terre-Neuve et dans le golfe du Saint-Laurent !, Ailleurs, il énumère tous les ouvriers qui trouveraient du travail au Canada, et cite notamment les boulangers et brasseurs, les charpentiers menuisiers et « bûcherons faiseurs d'ustensiles », les tanneurs et cordonniers, les fourreurs ?, Il imposait des tarifs aux marchands *, pour prévenir des gains excessifs sur les denrées d'importation, et, par là même, encourager émigrants nouveaux et cultivateurs anciens.

Malgré tant de services, Talon avait des ennemis au Canada; dès 1666, il demandait au roi son congé * : « J'aurais moins de

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