‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 202 sur 395 · Margry, VI, 26 ss · texte numérisé non relu

Margry, VI, 26 ss

à Lettre de 1682, Margry, Il, 252.

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chef des Sauteurs, Oumamins, et lui avait annoncéle désir d'Onontio que la paix, longtemps troublée, fût rétablie entre sa nation et les Nadouesioux, ainsi qu'entre ce dernier peuple et les Assinibouels, habitants de l’ouest des Lacs. Au moment où il écrit à Frontenac, il est sur le point de partir par le Sud pour l'extrémité du lac Supérieur, afin d’assister aux conférences entre Sauteurs et Nadouesioux, et d’autres Français, passant au nord du lac, iront avertir les Assinibouels de ne pas continuer leurs partis de guerre; du Lhut attend les meilleurs effets de cette double expédition; la tranquillité du pays permettra la renaissance du commerce, et « le fond du lac est, au rapport des sauvages, une pépinière de castors »; dès que les ordres du gouverneur seront arrivés, du Lhut enverra quelques Sauteurs au Canada, pour qu’ils puissent s'assurer des volontés d’Onontio; il leur adjoindra des Français pour leur donner confiance, car Oumamins estime cette escorte nécessaire; les Pères Jésuites sont-ils de cet avis? du Lhut l'ignore, « ne leur ayant point demandé, et même n'étant pas dans la pensée de le faire », mais il compte que Frontenac voudra bien lui adresser de prochaines instructions.

Cette lettre n’est pas moins instructive sur la diplomatie de du Lhut que sur ses découvertes; le plus fin courtisan n'eût pas trouvé, pour amadouer Frontenac, un langage plus heureux et plus habile; du Lhut indique combien l'autorité du gouverneur ajoutera de valeur à ses propres démarches; il montre ce que la politique et le commerce du bas Canada peuvent gagner aux relations nouvelles avec les peuples de l’ouest; il laisse entendre que des compagnons sûrs descendront sur Montréal avec les sauvages, et que, dans les meilleurs termes avec les Jésuites, il n’est pourtant pas leur prisonnier. Tout concourt donc à lui assurer la bienveillance du gouverneur général, et les accusations de l’intendant font assez sentir que son plan réussit : pendant l'été de 1679, Duchesneau sollicitait Frontenac d'organiser une expédition militaire contre les coureurs de bois dont du Lhut était le chef; or, précisément à cette époque, le gouverneur venait de recevoir la lettre de du Lhut; il avait pu se convaincre de l'intérêt qu'il y avait à lui laisser continuer ses découvertes; il n’accueillit donc pas la proposition de l’intendant, et s’en expliqua dans sa lettre à Colbert du 6 novembre 1679, où tout en blämant du Lhut de n’observer point exactement les ordonnances, il fait

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