Charlevoix, I
2. Ar. col., C. G. Can., VI, 424-437; VII, 223. 3. Id, NI, 263.
des postes anglais. Sous Denonville seulement, en 1686, l'expédition dès lors projetée aura lieu, mais sans être suivie d’établissement assez solide. Elle eût été possible dès 1684, avec le concours de du Lhut qui, du pays des Cristinaux, écrivait au gouverneur : « avant deux années, il ne descendra plus un sauvage chez les Anglais de la baie d'Hudson; déjà un fort a été construit près du lac Alempigon; un autre sera prochainement élevé; la traite sera ainsi détournée au profit du Canada *. » On ne devait donc rien épargner pour réussir dans ce dessein, et pourtant La Barre n'avait rien su faire : ces renégats français dont parle La Martinière, ce sont précisément Radisson et des Groseillers, qui, mécontents de l'accueil reçu à Québec, avaient repassé aux Anglais et réoccupé pour leur compte les postes de la baie; il ne semble pas non plus que La Barre ait jamais sollicité du ministre le vaisseau dont la compagnie avait besoin. Aussi, les Anglais se fortifiant dans leursstations, on constatait à Montréal une diminution notable du nombre des sauvages du nord venant traiter avec les Francais?. La faute, cependant, n’est pas toute au gouverneur : le ministre, sur le conseil de Meulles, avait projeté l’abolition du privilège de Tadoussac, et demandait seulement aux habitants de procurer par ailleurs au fermier une ressource équivalente : ceux-ci, plutôt que de proposer une taxe nouvelle, s'étaient prononcés pour le statu quo; comme dans la querelle des dimes, ils estimaient qu'en matière d'impôts changement vaut aggravation; ils perdirent ainsi l'occasion de faciliter l’occupation française de la baie d'Hudson en débarrassant la compagnie de la concurrence de Tadoussac *.
La Salle, qui avait été le plus ancien des protégés de Frontenae, fut, par là même, la victime contre laquelle La Barre s’acharna le plus sans voir combien il importait de laisser la direction des affaires illinoises à celui qui connaissait le mieux le pays, pour l'avoir pratiqué plusieurs années; La Barre consacra tous ses efforts, d’abord à rendre la situation de La Salle intenable, ensuile à l'évincer de tous les postes qu'il avait si péniblement fondés; il ne comprenait pas qu’en embrouillant à plaisir les rivalités indi-