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id. 267, 297. tt
porter des propositions pacifiques et ramener le chef Tsonnontouan arrêté à Québec deux mois plus tôt.
Depuis le début de l’année 1684, le P. de Lamberville n'avait rien épargné pour empêcher la guerre; ses conseils n'avaient pas été écoutés. Il était vrai, comme il l’écrivait à La Barre, que les Iroquois seraient insaisissables, ayant derrière eux un vaste pays de chasse où ils trouveraient un asile assuré; mais La Barre, depuis le pillage des canots français, ne voulait plus rien entendre. « Nous étant tous joints, disait-il au ministre à la veille de son départ, nous périrons ou détruirons les Iroquois, car, de paix, il n'en faut plus espérer de gens qui n’en parlent que pour nous tromper avec plus d'artifice, et ensuite nous battre et ruiner en détail, » Il venait d’expédier cette lettre à la Cour, lorsqu'il reçut de nouveaux avis du P. de Lamberville. Il n’en suivit pas moins son projet primitif ?. Lamberville, sans se décourager, renouvelle ses instances; il indique même à La Barre que les Anglais, le cas échéant, soutiendront les Iroquois, et que la guerre va prendre ainsi des proportions qu’on ne soupeonnait pas d'abord. On était alors à la fin d’août et les Français, le lac Ontario traversé, campaient depuis quelques jours à la Famine. Lamberville s’entremet activement encore pour obtenir une entente amiable entre La Barre et les Iroquois.
Ce Père jouissait chez les Onnontagués d’une situation personnelle considérable; c’est lui qui était l'intermédiaire de cette nation, non seulement avec le gouverneur de Québec, mais encore avec celui de New-York, et la correspondance que nous possédons aux Archives coloniales montre assez que, pour conserver celte position privilégiée dont il attendait sans doute de grands profits pour la religion, Lamberville ménageait avec un zèle trop égal le représentant du duc d’York et celui du roi de France, Dongan, informé que les Onnontagués conseillés par Lamberville voulaient se porter médiateurs entre La Barre et les Tsonnonlouans, délégua dans leur pays un sieur Arnaud, pour leur défendre d'agir ainsi sans son aveu. Cet ambassadeur se trouvait précisément aux Onnontagués lorsque Lemoyne, envoyé de La Barre, y arriva de son côté; l'Anglais, sans perdre de temps,
1. La Barre au ministre, 9 juillet 1684. — Lamberville à La Barre, 11 juillet, Ar, col., C, G. Can., VI, 284, 535,
avait fait planter au milieu du village les armes du duc d’York, mais par son arrogance il avait mécontenté les anciens; ceux-ci, protestant qu’ils n'étaient pas plus sujets du roi d'Angleterre que du roi de France, prièrent le P. de Lamberville d'écrire à Dongan ce qu'ils pensaient de l'insolence d’Arnaud. Le Père accueillit leur désir, et la lettre où il se fait ainsi l'interprète des Onnontagués, porte la date du 29 août 1684 !. Il en ressort la preuve que Lamberville admettait alors les prétentions anglaises sur les Iroquois : « Il est vrai, dit-il à Dongan, que vous tenez les Indiens sous votre protection, et que les armoiries de M. le die d’York le témoignent assez. » Par Indiens, il est impossible ici, quoique le terme ne soit pas ordinaire dans les documents français, d'entendre autre chose que les Iroquois menacés par l’armée de La Barre. Lamberville ajoute que Dongan avait d’abord conseillé aux Iroquois de donner satisfaction à La Barre pour les violences commises, comme lui-même le désirait. 11 est donc probable qu'il s'était servi de l'opinion vraie ou supposée de Dongan pour donner plus de force à ses avis, et presser les Onnontagués de se porter médiateurs.
Entre Arnaud et Lemoyne, la situation de Lamberville était assez fausse; un jour, les deux envoyés se trouvent en présence; après quelques phrases plutôt courtoises, leur entretien tourne vite à la rixe. Le Père avait d’abord tenté de tout ignorer; il fut bien obligé de paraitre, et provisoirement apaisa le différend; mais il fallait trouver une solution définitive; les Français étaient à deux journées du village et pouvaient l'attaquer d’un moment à l’autre; d'autre part, si Dongan apprenait que Lamberville avait combattu l’action de son ambassadeur, n’allait-il pas lui retirer cette protection « qui lui donnait part au bien spirituel fait à ces peuples »? Lamberville s’en tira fort adroitement : le langage violent d'Arnaud, dit-il, a certainement trahi la pensée du gouverneur qui l'envoie, puisqu'il tend à rendre la paix impossible entre les Iroquois et les Français et que Dongan lui-même a conseillé cette paix. En séparant ainsi la cause de Dongan de celle d'un représentant trop zélé, le Père peut encourager les Onnontagués à députer quelques-uns d’entre eux à La Barre, comme Lemoyne
le réclame. Ainsi, d’une part il ne laisse pas voir à l’envoyé