‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 286 sur 395 · LES · texte numérisé non relu

LES

correspondances !. Bien mieux, le 30 juin, on ne savait pas encore si l’£mbuscade partirait ou non; Begon proposait de lui substituer un autre bâtiment, la PZadine; le ministre approuvait d'abord, puis se ravisait. Bref, le 31 juillet 1689, Frontenac était encore à la Rochelle : « Je suis bien fâché, écrivait{alors le ministre à Begon, d'apprendre que M. de Frontenac n'est pas encore parti, étant à craindre que le retardement que vous avez apporté à la préparation du vaisseau sur lequel il doit s’'embarquer ne rende inutiles tous les projets que le roi a faits pour le Canada ?. » Assurément, le moment favorable était passé, mais Begon est-il seul responsable? Que penser d’un ministre qui change plusieurs fois en deux mois l'affectation d'un bâtiment? Est-il bien légitime d'accuser Begon de lenteur, lorsque cet intendant, sans cesse accablé de dépêches contradictoires, négligeait l'expédition d’Acadie pour songer plutôt à celle d'Irlande, objet certain des préoccupations essentielles du ministre et du roi?

On ne saurait donc affirmer qu’en 1689 New-York ait été sérieusement menacée ; seules les instructions de Frontenac rappellent quel sort lui était réservé, si l'entreprise française avait été plus soigneusement conduite ; tout se borna, malgré les espérances trop présomptueuses de Louis XIV, à une démonstration navale le long des côtes d'Acadic : encore le terme est-il peut-être excessif, si l'on pense à la pauvre escadre que devaient former, naviguant de conserve, l’£mbuscade et le Fourgon. Dans une lettre datée de Québec, 15 novembre 1689 ?, Frontenac rend compte de l'expédition; il était parti trop tard; il ne pouvait réussir. Le chef de la flotte, La Caffinière, avait fait cependant tout ce dont il était capable ; mais les vents étaient contraires et le gouverneur général, qui avait quitté la France au début d’août 1689, n'atteignit la côte d’Acadie, à Chedabouctou, que le 12 septembre *. Jusqu’aux environs de Terre-Neuve, le Fourgon ne s'était pas éloigné de l’£mbuscade ni des quelques vaisseaux marchands qu’ils convoyaient tous deux, mais les brouillards étant survenus, les bâtiments se perdirent

Page 1