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mémoires contemporains, dont un est de La Chesnaye! ; nous avons ph vu, dans la deuxième partie de ce livre, quelle était l'intimité de tou ce personnage avec le parti des Jésuites, tout-puissant dans l’in- les tervalle des deux gouvernements de Frontenac. Les Sulpiciens rai de Montréal, si réservés d'ordinaire, s'étaient associés au mouve- che ment dirigé par les Jésuites : l’abbé Dollier, dans une lettre du pré 7 octobre 1691 à un ami de Paris *, parle en termes très vifs des mis désordres que provoque le commerce de l’eau-de-vie. On voulait le : évidemment profiter de ce que l’évêque était en France pour gol! obtenir du ministre des règlements nouveaux à ce sujet. de (
Assurément, la plupart des Français du haut pays ne se distin- entt guaient point par une moralité trop sévère, cependant le journal eux de Courtemanche?, qui était allé porter à Michillimackinac la nou- réce velle des succès français de 1690, nous fournit, par une curieuse de 1 anecdote, la contre-partie des plaintes exagérées des mission- Frot naires; cet officier, sur la demande des sauvages, leur avait vendu Le quelques pots d’eau-de-vie; les Jésuites, aussitôt, d'intervenir, autr disant que déjà tout un village était ivre ; Courtemanche, s’y étant il s* rendu, constata seulement une « gaîté plus vive que d'ordinaire, Vall: mais sans danger », cependant il donna l'avis à ses hommes de nous ne plus traiter ouvertement avec les sauvages; le trafic de l’eau- quat de-vie continua, mais secrètement, pendant quatre jours et quatre lettre nuits, tandis que les Jésuites, non prévenus, félicitaient l'officier cana de la bonne tenue de ses hommes et des heureux effets qu'ils en génél observaient sur les indigènes. Quand il fut sur le point de partir, qu'ils Courtemanche leur raconta son stratagème; ils en furent tout des À confus. Quant à l’argument tiré des lois anglaises, il ne vaut pas contr
grand’chose, puisque ces lois étaient sans cesse violées par les lets, Anglais eux-mêmes; n'est-ce point par le commerce de l’eau-de- À édific vie qu’ils cherchaient à nous enlever la clientèle des nations du const haut pays et La Mothe Cadillac n’avait-il pas bien raison, lorsque, même
blämé par les Pères de distribuer des spiritueux à leurs néo- | aucu dans
naire à Michillimackinac, adresse à l’intendant Champigny en 1702. (Texte une original aux Arch. Nat. — Extraits importants dans Parkman, The old rec regime in Canada, 421 ss.) Mais, à quelques années d'intervalle, les mœurs ÿ des coureurs de bois et de leurs correspondants indigènes n'avaient certai- ressés
nement pas changé beaucoup.