CHAPITRE V
FRONTENAC MAINTIENT LES POSTES DU HAUT PAYS
LA PAIX DE RYSWICK AU CANADA. — MORT DE FRONTENAC. CALLIÈRES SIGNE LA PAIX AVEC LES IROQUOIS
Frontenac interprète les ordres de la Cour contre la traite. Il obtient d’abord du ministre le maintien de quelques postes et représente qu'ils ne peuvent subsister sans la traite. Il reçoit l’ordre de laisser les Jésuites monter librement aux nations d’en haut. — L’intendant dénonce au ministre sa désobéissance. Conflits entre le gouverneur et l’intendant : procès de La Mothe Cadillac devant le Conseil Souverain. — Le ministre prescrit l’évacuation de tous les postes du haut pays. Frontenac ne se presse pas et fait continuer les partis des sauvages alliés contre les Iroquois. Ceuxci parlent de traiter. — Frontenac reçoit la nouvelle de la paix de Ryswick; il s'attache à garder sa liberté d'action vis-à-vis des Iroquois et refuse de les reconnaitre comme sujets anglais. — Dernière maladie de Frontenac; son testament, sa mort (28 nov. 1698), ses obsèques. Le roi nomme Callières pour lui succéder. — Callières continue la politique de Frontenac, dont il achève l’œuvre : négociation avec les indigènes du haut pays et les lroquois:; paix générale de 1701. Les postes de l’ouest sont maintenus. — Conclusion.
Les ordres du ministre pour empêcher la traite étaient formels; Frontenac comprenait pourtant que, s’il y obéissait trop exactement, toute son œuvre serait compromise; les Iroquois et par eux les Anglais de New-York, plus dangereux pour la Nouvelle- France que ceux de Boston, supplanteraient bien vite les Français auprès des nations des Lacs, et fermeraient au Canada toutes les voies de son développement vers l’ouest. Le devoir du gouverneur général était donc d'interpréter les instructions recues plutôt que de les exécuter à la lettre. C’est ce que fit Frontenac