‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 10 sur 277 · ALLIANCES DE MADAME DE BELLE-ISLE · texte numérisé non relu

ALLIANCES DE MADAME DE BELLE-ISLE

elle les amena tous deux à lui demander des conseils.

11 serait difficile de citer un plus remarquable exemple de l'harmonie dans une famille.

La branche de la maison de Béthune, à laquelle appartenait madame de Belle-Isle, avait poussé des rejetons jusqu'en Pologne. Le grand Sobieski avait pris pour femme, en 1665, une Française, mademoiselle d'Arquien, dont la sœur cadette avait épousé, trois ans après, un marquis de Béthune. Celui-ci, quand son beau-frère eut été proclamé roi, obtint de Louis XIV d'être envoyé ambassadeur auprès de lui ; de deux filles qu'il avait, il maria l'une à un Radziwill, l'autre à un Jablonowski. Il eut aussi un fils qui revint en France et qu'on appelait familièrement Bétlmne-Cosaque ou Béthune- Pologne ; c'était le père de la comtesse de Belle-Isle. Il semblait d'abord que pour son mari ces alliances étrangères ne fussent qu'une décoration sans grande utilité ; peut-être en avait-il ainsi jugé lui-même. Lorsque après la guerre pour la succession de Pologne, le roi Stanislas Leczinski, beau-père de Louis XV, reçut le duché de Lorraine en échange de ses prétentions sur une couronne qui lui avait été deux fois ravie, ce fut le comte de Belle- Isle, gouverneur des Trois-Évêchés et commandant les troupes d'occupation en Lorraine, qui mit le nouveau souverain en possession de ses États. Il vit et comprit alors l'immense avantage que lui donnaient déjà et que lui assuraient pour l'avenir les alliances polonaises de madame de Belle-Isle.

Nommé lieutenant général en 1731, il s'était si fort distingué pendant la campagne de 1734, et surtout au iiège de Philipsbourg, que le roi lui avait donné le cordon bleu. En 1735, il eut, sous les ordres du niaré-

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