SUCCÈS DU ROI DE PRUSSE
Français ([iii battront les Prussiens. « Il paroît cependant, remarquait le comte de Gisors, que les Autrichiens se sont comportes avec beaucoup de valeur et que l'affaire a été bien disputée. Mais comme on ne peut les justifier qu'en relevant encore les Prussiens, je laisse dire et ne m'occupe que de soutenir notre confiance et notre gaieté, tandis qu'au fond de l'âme je suis persuadé que ceci va avoir pour nous, ainsi que pour l'impératrice, des suites bien fâcheuses (1). »
Au quartier général, et surtout à Versailles, on partageait les inquiétudes du comte de Gisors. On craignait que le succès du roi de Prusse ne lui permit d'envoyer un fort détachement de ses troupes pour grossir l'armée hanovrienne que le duc de Gumberland formait sur le Weser (2 . Par bonheur les premières nouvelles arrivées étaient les pires, et il devint bientôt certain que le roi de Prusse, affaibli par les pertes énormes que lui avait coûtées sa victoire, obligé de sur\ ciller à la fois le prince Charles qui était dans Prague avec quarante mille hommes et le maréchal Daun (jui en avait cinquante mille à Kolin, était hors d'état de faire passer le moindre secours en Hanovre. «Les événements de la Bohême, bien loin de ralentir vos mouvements, écrivait à son fils le maréchal de Belle-Isle, doivent au contraire les hâter ; c'est sur ce ton que nous écrivons à votre général, et, par cette raison, son armée ne sera point affoiblie, ou tout au plus de quelques escadrons. Le roi est dans la résolution de soutenir avec vigueur tous ses engagements et de faire connoitre à toute l'Europe
(1) Gisors à Bellc-Islo. 16 mai [3«1].
(2J Belle-Islc à Gisors, 18 mai [3431].