M. DE GISORS AU CAMP DE BIELEFELD
que le diic de Cumberland avait ses magasins ; c'était de Minden et de Hamelen qu'il craignait d'être coupé, s'il se laissait attirer vers le haut Weser ; aussi était-il décidé à ne point s'éloigner de ces deux places, et c'était sous les murs mêmes de Minden qu'après avoir repassé le Weser, il avait détinivement établi son camp.
Par des considérations analogues, c'était sur le haut Weser que le maréchal d'Estrées portait naturellement ses vues; mais, pour agir efficacement et avec suite, il fallait que les magasins qu'il avait ordonné de faire à Lippstadt et à Paderborn fussent abondamment pourvus, car il n'eût pas été possible à l'armée de vivre au delà du Weser au jour le jour, comme elle avait fait en deçà. Or tous les approvisionnements devaient venir de Wesel, et en effet le Rhin en était couvert; mais, en dépit de l'intendant et de ses réquisitions, les charrettes et les chevaux n'étaient point en assez grand nombre pour hâter le transport des farines et des fourrages de Wesel à Lippstadt. C'était donc au camp de Bielefeld de longues journées d'ennui pour ceux qui n'avaient pas la distraction des détachements et des reconnaissances.
Le comte de Gisors restait, à son grand chagrin, de ces inactifs, parce que son régiment étant un de ces vieux corps à qui appartenait l'honneur d'encadrer dans l'ordre de bataille les lignes de l'infanterie, il ne lui était guère possible de quitter le gros de l'armée. M. d'Armentières avait sa réserve; on parlait d'un détachement pour Chevert ; M. de Gisors s'efforçait pour être employé sous l'un ou sous l'autre. Vains efforts. « M. le maréchal, à qui j'ai confié ma douleur de ce