‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 110 sur 277 · IMPATIENCE DU COMTE DE GISORS · texte numérisé non relu

IMPATIENCE DU COMTE DE GISORS

qu'il ne faisoit rien du régiment de Champagne, écrivait-il à son père, m'a répondu avec beaucoup de bonté qu'il me gardoit comme la prunelle de son œil, et m'a confirmé que M. de Chevert ne feroit aucune besogne qui m'occasionnât des regrets. Celui, selon toute apparence, qui en fera le plus sera 31. d'Armentières avec la réserve ; mais je ne crois pas qu'on ait le projet de l'augmenter... Navarre et Champagne demeureront pour couvrir le quartier général, sort le plus ennuyeux qu'on puisse avoir et qui entraine beaucoup plus de dépense pour l'officier, qui, dans un pareil voisinage, paye tout fort cher. » Le maréchal de Belle-Isie s'appliquait à calmer la généreuse impatience de son fils. « Je loue, lui répondait-il, votre vivacité pour que le régiment de Champagne soit employé à quchjue chose et surtout avec M. de Chevert ; mais vous savez bien que des corps qui font la tète de l'infanterie restent presque toujours avec le général, et vous devez compter et moi aussi sur l'amitié et les attentions du maréchal d'Estrées. Je suis bien persuadé de toute l'amitié et bonne volonté de M. d'Armentières, mais, excepté M. de Chevert, je vous aime beaucoup mieux au gros de l'armée... Vous devez être certain que le maréchal d'Estrées sera toujours très occupé de vous et de votre régiment, et que les différents détachements (jue vous Toyez en mouvement ne sont que pour des diversions, et rue, s'il se passe quelque chose de sérieux, M. le maréchal d'Estrées, comme de raison, y sera le principal acteur (1). »

Tout le monde d'ailleurs rendait justice au zèle du

(1) Belle-Isle à Gisors. Toi 10 juillet [3-134].

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comte de Gisors, et personne ne songeait à réclamer (jiiand le maréchal d'Estrée, dans ses rapports au ministre sur l'état des troupes, nommait le premier parmi les plus ap|)li((ués le colonel du régiment de Champagne. Le miJi'échal se félicitait de fa beauté de l'armée; la cavalerie, dont l'entretien d'abord avait exigé des prodiges d'imagination, car il avait fallu pour ainsi dire inventer des fourrages, n'était pas diminuée déplus de cin([uante chevaux; l'infanterie, au contraire, avait été fort éprouvée par les premières fiitigues, car le maréchal ne comptait les bataillons qu'à cinrf cent soixante-quinze hommes en moyenne ; c'était une diminution de plus de cent hommes sur l'effet normal (1). On pouvait dire au moins que, débarrassée des faibles et des malingres, cette infanterie n'en valait que mieux pour les prochains combats. Une grande nouvelle venait d'arriver de Bohème. Le 18 juin, le maréchal Daun avait battu le roi de Prusse à Chotzemitz ; Prague était débloqué, la Bohèmeévacuée. Ce triomphe de l'armée autrichienne irritait l'impatience des troupes françaises. Le 7 juillet, le maréchal d'Estrées quitta brusquement le camp de Bielefeld, laissant au comte de Berchiny le soin de faire marcher l'armée dès le lendemain et de la mener de Bielefed à Hoxtcr. Quant h lui, résolu à prévenir ou à réparer sur-le-champ les malentendus ou les erreurs qui avaient jusque-là faussé ou relardé pres([iie toujours l'exécution de ses ordres les plus précis, il n'avait point voulu, pour une opération aussi importante que le passage du Weser, d'autre chef d'état-major que lui-même ; le comte de Mailleboîs, par ses ordres,

(t)' Wari'chal (fEslrri's ii Paiiliiiy, :2 juillet [MU].

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