‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 117 sur 277 · DISPOSITIONS DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS DES FRANÇAIS

Ciiniberland avait placé le comte de Scliulenbourg avec les chasseurs de Brunswick et trois bataillons de grenadiers lianovriens, puis derrière eux en réserve, quatre autres bataillons de grenadiers sous les ordres du général major de Hardenberg. (1).

Après avoir reconnu lui-même les dispositions de son adversaire, le maréchal d'Estrées fit appeler les lieutenants généraux pour leur communiquer les siennes. L'assemblée se tint à se|)t heures du soir, sous une futaie gardée par des sentinelles. Depuis le passage du Rhin, l'armée, soit dans les hôpitaux, soit dans les postes nombreux qu'il avait fallu successivement occuper et garder, avait laissé derrière elle une bonne partie de son effectif. L'infanterie parvenue sur le Weserne comptait plus que soixante-dix bataillons français et suisses, auxquels il fallait ajouter dix bataillons palatins et quatre autrichiens. La cavalerie beaucoup plus réduite, parce que le service des communications et des escortes roulait principalement sur elle, n'offrait pas plus de cinquante-trois escadrons à mettre en ligne (2). En somme, le maréchal d'Estrées, ayant soixante mille hommes sous la main, en avait dix mille environ de plus que son adversaire. Résolu à porter son principal effort sur lagauchede l'armée banovrienne, il confiait àChevert le soin de la tourner par la montagne, et, pour exécuter cette importante et délicate mission, il mettait aux ordres de ce chef expérimenté sa meilleure infanterie, les brigades de Picardie, de Navarre et de la Marine. Le marquis d'Armentières, avec

(1) Relation du duc de Cunibcrland [3436, n» 110].

(2) Relation adressée à Paris-Diiverncy par le chevalier de Chabo, le 31 juillet 1757. Pap. Cleimont, 1757, t. I, n" 13^.

222 DISPOSITIONS DU MARÉCHAL d'eSTRÉES

les brigades de Belzunce, de la Couronne et d'Alsace, la brigade autrichienne et deux régiments de dragons à pied, devait marcher par la lisière des bois au plus profond desquels s'enfoncerait Chevert, et seconder par une attaque de front les manœuvres de son collègue sur le flanc et les derrières du duc de Gumberland. Au centre le marquis de Contades, h gauche le duc de Broglie ne devaient commencer leur mouvement sur Hastenbeck et sur les hauteurs auxquelles l'ennemi appuyait sa droite ((ue lorsque les progrès de Chevert sur l'autre aile seraient évidemment marqués et prononcés. Auprès de lui, en réserve, le maréchal d'Estrées gardait la brigade de Champagne et la brigade suisse de Reding. La cavalerie, comme celle des Hanovricns, était placée derrière les colonnes d'infanterie qu'elle devait suivre. Enfin, et parce qu'il faut tout prévoir à la guerre, le duc de Broglie, dont le corps placé à la gauche était le plus rapproché du défilé dOhsen- Hagen, avait ordre, en cas de malheur, de se replier sur ce vilhige, de couronner les hauteurs voisines et de proléger la retraite de l'armée (1). Pendant la nuit,. M. de Vallière, profitant avec habileté des accidents du terrain qu'il avait étudié la veille, fit élever sur deux points bien choisis des épaulements derrière lesquels il disposa ses pièces de huit, de manière à contre-ballre les deux redoutes construites par les Hanovriens, à droite et à gauche de Hastenbeck.

Le26,au moment où Chevert, voyant lejourpoindre, allait se mettre en marche, il reçut un renfort ; c'était

(1) Maillcbois au man|uis de l'aulniy, 27 juillet. — D do Broglie au marquis de Paulmy, 28 juillet [3436].

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