EMBELLISSEMENTS DE METZ
Sierck, de Bitche s'élevèrent ou reçurent par ses soins des accroissements considérables. Mais, pour la première de ces places, sa capitale en quelque sorte, il avait rêvé autre chose que des bastions ou des établissements militaires ; il s'était promis de l'embellir par des rues neuves, de grandes places, des constructions monumentales. Après la guerre rien ne lui plaisait autant que de planter et de bâtir. Quand il n'était pas à Metz, il était dans sa terre de Bisy près de Vernon, dirigeant une armée de terrassiers, de maçons, de jardiniers et de décorateurs ; il y dépensa beaucoup d'argent, mais il s'y créa un château et un parc magnifiques. A Metz, où il fallait ménager les deniers de la ville, les travaux étaient poussés avec moins de fougue qu'à Bisy ; au bout de trente ans ils n'étaient pas achevés encore; mais déjà quelles merveilles ! En 1757, un visiteur, qui n'était autre que le fils de M. de Belle-Isle, lui adressait à Versailles ce compte rendu plein d'admiration : « Avant de partir de Metz, je n'ai pas manqué, comme vous pouvez croire, d'aller visiter les travaux de M. Lebrun dont je suis enchanté. La cour de l'Évèché est actuellement de niveau avec la place Fournirue très bien raccordée, et la rue des Jardins entièrement bâtie à un seul emplacement près... Ce dont je suis fâché que vous ne jouissiez pas, c'est de la magnificence du quai continué depuis le jardin de Boufflers jusqu'au moyen pont, et du bon effet que produit le rabaissement de la rue du Gouvernement. Ma surprise a d'abord été grande de trouver un perron établi pour entrer à la petite porte de votre appartement où on descendoit jadis. L'esplanade nouvellement sablée est plus belle que jamais. Mes entrailles filiales ont été aussi satisfaites en