‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 13 sur 277 · NAISSANCE DU COMTE DE GISORS · texte numérisé non relu

NAISSANCE DU COMTE DE GISORS

voyant Sierck recréé par vous ; loin de découvrir des traces de son malheur, on n'y voit que des embellissements (1). »

Ce fils de M. de Belle-Isle, Louis-Marie, comte de Gisors, était né le 27 mars 1732. Deux ans après, la comtesse de Belle-Isle eut un second fils qui ne vécut que cinq ans, et dont la perte vivement ressentie acheva d'ébranler chez cette personne délicate une santé qu'un double chagrin de famille, en 1735 la mort d'un frère qu'elle chérissait, et celle de son beau-père en 1738, avait fortement éprouvée. La faiblesse de sa poitrine exigeait déjà de tels ménagements qu'en 1737 les médecins lui avaient prescrit le lait de jument et, pendant plus d'un mois, le silence absolu. Elle ne devint plus mère ; celui qu'elle avait appelé son premier né demeura fils unique.

Dès que l'enfant fut sorti des mains des femmes, son père voulut lui donner, par l'éducation physique, une constitution vigoureuse. Faible de naissance, le comte de Belle-Isle avait reçu le bienfait d'une éducation pareille, et quoiqu'il aimât à se voir entouré de luxe et de magnificence, c'était pour le plaisir des yeux seulement ou mieux encore pour la jouissance d'autrui ; car, pour lui-même, il avait rigoureusement gardé la sobriété, la simplicité, on pourrait dire la rudesse de ses premières habitudes. Il imposa donc à son fils une règle de plus

(1) Le comte de Gisors au maréchal de Belle-Isle, 3 avril 1757 [A7-chives du Di'pôt de la guerre, t. 3i30, n° 13.]

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