‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 124 sur 277 · RAPPEL DU MAIŒCIIAL D ESTRÉES · texte numérisé non relu

RAPPEL DU MAIŒCIIAL D ESTRÉES

l'armée; il ne rétait déjà plus, pour ainsi dire, le jour de sa victoire, car sa victoire était du 26, et le 25, ordre lui avait été dépêché de remettre le commandenieut au maréchal de Richelieu. Les deux nouvelles, le rappel et la victoire, s'étaient croisées en route, et presque en même temps elle arrivaient toutes deux à leur adresse. Quel coup de théâtre ! Et comme le secret avait été bien gardé! Jusqu'au 25, neuf personnes seulement y avaient eu part, huit à la cour, le roi, madame de Pompadour, le marquis de Paulmy, l'abbé de Demis, Piichelleu, Crémille, Duverney, ilontmartel ; une seule à l'armée, Maillebois.

L'auteur et le chef de ce complot, c'était Duverney ; c'était dans son esprit vindicatif qu'il avait pris naissance, mûri et abouti; les autres n'étaient que des complices. Mécontent de lui-même, irrité des justes reproches que lui faisait le maréchal d'Estrées à court de subsistances, Duverney cherchait l'occasion de se venger ; la bataille de Prague etses suites la lui fournirent. L'impératrice réclamait un secours prompt, efficace, plus prompt et plus efficace que ne lui en avait donné, que ne pouvait lui en donner cette lente et lourde armée du bas Rhin. Le 29 mai, Duverney avait envoyé au marquis de Paulmy un mémoire pour former sur le haut Rhin une nouvelle armée de quarante mille hommes. Quatre jours après, le 2 juin, il en produisait un autre déjà plus explicite. Il y avait un faux et un vrai projet : le faux donnait à entendre que la nouvelle armée était destinée à marcher par la vallée du Mein sur le haut Danube; c'était celui qui devait être discuté au conseil, devant le maréchal de Rclle-lsle, et communiqué au comte de Stahrenberg, ambassadeur de l'impé-

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