‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 135 sur 277 · LE MARÉCHAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL DE RICHELIEU

faire ma cour. En même temps, j'ai soin qu'il ne se tienne, en ma présence, de la part des officiers du régiment, aucun propos de murmure contre lui, et j'évite les pièges qu'on me tend pour me faire parler. 11 n'y a que quand on veut le louer aux dépens du maréchal d'Estrées, que j'avoue que je prends le parti de mon bienfaiteur avec la vivacité que je dois avoir pour tout ce qui le touche (1). »

A entendre ses partisans, M. de Richelieu était en chemin d'éteindre dans le rayonnement de sa gloire le pâle souvenir du maréchal d'Estrées. Le 3, comme il allait voir a Brème le marquis d'Armentières, qui depuis Nienburg n'avait pas cessé de longer le Weser, précédant toujours l'armée vers la gauche, comme le duc de Broglie la précédait vers la droite, le maréchal reçut du camp de Rotenburg l'avis que toute l'armée Iianovrienne n'était point à l'abri derrière les retranchements de Bremerworde. En effet, du côté de Brème, il était resté en face du marquis d'Armentières, à Burk, un détachement d'une certaine importance; malheureusement ces maudits marais ne permettaient pas de l'attaquer corps à corps ; mais en deçà de Bremerwode, à Bevern, il y avait une arrière-garde postée sur un terrain où il n'était pas impossible de la joindre. A cette nouvelle, M. de Richelieu, toujours en quête d'une action d'éclat, accourut de Walle à Rotenburg et de Rotenburg a. Closter-Zeven, cinq lieues plus loin, en ajjpelant à lui encore une fois tous les grenadiers, la brigade d'Alsace et la réserve du duc de Broglie. Mais il fallait vingt-quatre heures au moins pour que les plus

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rapprochées de ces troupes arrivassenl. En atlend.int, il était, le 4. aux avant-postes devant Bevern, avec les troupes légères, 450 grenadiers et 300 carabiniers pour toute ressource. Peu s'en fallut (juccet imprudent coureur d'aventures ne finit, tout autrement qu'il n'espérait, sa campagne. 11 courut parfaitement le risque d'être pris, et, malgré la pompe de ses bulletins, la retraite (ju'il fut obligé de l'aire de Bevern à Closter- Zevcn ne fut rien moins que brillante. Heureusement pour lui, l'ennemi n'était plus commandé.

Etonné depuis Hastenbeck, le duc de Cumberland avait tout à fait perdu la tète. Le 4 au soir, il apprenait qu'un détachement français s'était emparé de llarbourg, sur l'Elbe, et, le lendemain raalin, que ce même détachement avait poussé jusqu'à Buxtchude, c'est-àdire à six lieues tout au plus de Stade. Du cùté de Brème, il craignait que le marquis d'Armeniières, tournant les marais de Burk, n'apparût tout à coup sur sa droite. Enfin, de front, il s'attendait à voir le maréchal de Bichelieu déboucher devant lui et faire effort pour le jeter dans l'Elbe. Le o, un ministre du roi de Danemark, le comte de Lynar, se présenta aux avantpostes français, à Closter-Zeven ; il venait, en apparence, offrir aux armées belligérantes la médiation de son maître, en fait, traiter pour le compte du duc de Cumberland. Le maréchal attendait son armée, (|ui, du camj) de Walle, ne pouvait arriver ([ue le 8 au plus tôt à Closter-Zeven ; il était même douteux (ju'elle y arrivât, carie munitionnaire avait déclaré qu'il lui était difficile de fournir le pain jusqu'à Botenburg, impossible au delà. Pour comble de disgrâce, le mauvais temps était venu ; les eaux montaient; il ne resterait

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