‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 138 sur 277 · ET LE MARÉCHAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

ET LE MARÉCHAL DE RICHELIEU

grats. Pour les grains comme pour les fourrages, le système cher à Duverney, le système des impositions qui n'avait jamais j>ro(]uit grand'cliose ne produisait plus rien; il avait fallu y renoncer et revenir aux entreprises. Entin, pour le traitement des troupes pendant le prochain quartier d"hivcr, le duc de Richelieu affichait desprctentionsqui pouvaient n'être quejustes au fonddu Hanovre, mais qui à Paris devenaient des exigences exorbitantes; aux yeux de Duverney, c'était la ruine des finances du roi{l). Sur ces points-là, Duverney n'avait jamais voulu souffrir de contradiction; non seulement il était contredit, il était désobéi ; quelle injure 1 Richelieu, Maillebois lui-même prenaient parti pour l'intendant; les traîtres! Aussi, le 5 septembre, il écrivait au marquis Dumesnil: « J'ai assuré ce matin au ministre que ce seroit mon dernier coup de collier; ma santé m'y force et la tournure des esprits m'y oblige. M. de Lucé auroit besoin d'un bon conseil. Enfin, mon cher ami, de deux choses l'une, où j'ai oublié un métier que je fais depuis cinquante-trois ans ou la tête m'a tourné, puisque je suis seul contre tous. En cet état, je ne puis qu'abandonner la partie... Cela est venu à un point qu'il faut que le public en soit juge... » Et comme Dumesnil, nouveau venu à l'armée, se montrait tout étourdi de cette querelle : « Vous ignorez, dites-vous, reprenait Duverney, ce qui s'est passé avant votre arrivée. Je puis, en deux mots, vous mettre au courant : c'est que, la partie militaire à part, je n'ai rien proposé, depuis le commencement de la campagne, qui n'ait eu l'improbation de

(1) Voir Correspondance du maréchal de Richelieu avec Pàris- Duverney. Londres, 1789, t. l,passi!n.

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