‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 153 sur 277 · AU DUC DE BRUNSWICK · texte numérisé non relu

AU DUC DE BRUNSWICK

nacent, s'il ne s'y étoit pas livré lui-même. Embarrassée de ce que je lui disois, son dernier argument a été de me demander combien ce nouveau système durereroit. « J'ignore l'avenir, lui ai-je répondu ; d'y pénétrer « n'appartient pas à un soldat dont le devoir est de se « battre contre les ennemis de son maître, mais qui, « en le remplissant, ne cesse d'être pénétré de toute la « reconnoissance qu'il doit aux bontés d'un prince « qu'il a été assez heureux pour admirer de près pence dant trois mois. » Ainsi finit une conversation dont, j'espère, vous ne serez pas mécontent (1). »

Sauf cette visite à Blankenburg, M. de Gisors ne s'éloignait guère de son régiment. « Il faut, disait-il, montrer au soldat qu'on partage ses peines (2). » L'ordre général avait été donné aux troupes de se construire des baraques; c'était le signe que l'armée devait longtemps séjourner autour de Halberstadt ; aussi cet ordre fut-il d'abord mal accueilli. Cependant, au mois d'octobre, des baraques valaient mieux que des tentes. Le régiment de Champagne venait à peine d'achever son installation qu'il fallut brusquement la quitter. Le 15 octobre,

(1) 4 octobre [3iil, n« 60].

(2) Gisors àBellc-Islc, 8octol)ro. — lioctol)iT : Anjoiinl'liui, il ne mamiuo cxaclcnient ([uo :2i2 lioinines au n'giment; janiaisiln'on a niaïKiué moins pcniianttoulos les années de paix, el jamais cependant on n'a pins lait de chemin dans une campagne; vous pouvez conclure delà ipionoshommcs sont robustes et que nous en avons eu soin. Si, le printemps prochain, nous rentrions en France, la paixfaite, vous trouveriez, grâce à Vignoles, le régiment plus brillant et mieux tenu qu'il n'a jamais été. Cependant, malgré la sévérité dont est notre état-major, pas un homme n'a déserté; tous sont contents, parce <pie, hors du service, je les traite avec amitié, vais de cuisine en cuisine causer avec eux une fois par jour, et (pi'ils me voient toujours partager leurs peines, (pielquc temps (ju'il fasse.... » [;iiil.]

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