‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 156 sur 277 · LE PAYS DE IIALBERSTADT · texte numérisé non relu

LE PAYS DE IIALBERSTADT

place de guerre dans un riclie pays, disait-il, l)ase des futures opérations, poste indispensable pour faire, au printemps prochain, le siège de Magdebourg. Le 10 octobre, il écrivait au marquis Dumesnil : « Un officier <iui se connoit en pays mande h mon frère que les villages sont assez écartés les uns des autres dans celui où vous êtes, mais qu'il y a de grosses fermes autour desquelles on voit des meules de grains plus hautes et trois fois plus grosses que le colombier de Brunoy. Quel dommage, mon ami, qu'une denrée aussi précieuse fût gaspillée !.. . Je tremble que votre armée ne fasse un tort irréparable aux ressources que je connoissois depuis si longtemps dans ce pays-là (1). » Crainte vSuperflue; il y avait du temps ((ue le colombier de Brunoy n'avait plus à redouter la comparaison des belles meules du pays de Halberstadt ; le prince Ferdinand de Brunswick y avait mis bon ordre. En vérité, le correspondant de Montmartel était bien en retard ou sa lettre d'ancienne date; au 10 octobre, les environs de Halberstadt, à plusieurs lieues à la ronde, était parfaitement nets de grains et de fourrages.

Il en était des richesses de cette terre promise comme de la place et de ses puissants moyens de défense. « Ce matin, écrivait M. deOisorsleSO septembre, M. le maréchal a fait le tour des remparts d'Halberstadt; je l'y ai suivi. Ces prétendus remparts n'ont que trois pieds de large sur vingt pieds d'élévation, et le parapet en maçonnerie ne laisse découvrir la campagne qu'à travers les créneaux qui y sont ménagés. Point de fossé dans la plus grande partie et pas un flanc; les tours qui se

(1) Correspondance Duverney-Dumcsnil, n" 39. — Paris de Montinarlol était propriétaire de la terre de Brunoy.

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