CAPTIVITÉ DU MARÉCHAL EN ANGLETERRE
bre 1744, sur un territoire qu'il croyait neutre et qui se trouva être lianovrien, il fut arrêté, conduit d'abord k Hanovre, puis transféré, comme prisonnier d'État, en Angleterre. Il y aurait fait, libre, un voyage pour son plaisir, qu'il n'y eiJt pas été mieux reçu et traité par l'aristocratie anglaise. A Windsor, qui lui avait été assigné comme résidence, les personnages les plus considérables se succédaient auprès de lui; quand enfin, le 13 août 174o, le gouvernement de George II lui eut rendu sa liberté, les nombreux amis qu'il s'était faits regrettèrent que sa captivité n'eût pas été prolongée davantage.
Louis XV lui fit à son retour le meilleur accueil, et, peu de temps après, le roi Stanislas ayant, à l'instigation et pour le service de son gendre, consenti à la levée d'un régiment d'infanterie, sous le nom de Royal-Barrois, une commission de colonel de ce nouveau corps fut délivrée, par l'accord des deux rois, le l^"" novembre 174o, au jeune fils du maréchal de Belle- Isle. Pour le moment au moins, cette faveur était purement nominale; tandis que Royal-Barrois, pendant la campagne de 1746 en Flandre, figurait au siège de Gharleroi et à la bataille de Raucoux, le jeune comte de Gisors travaillait sous l'œil paternel à se rendre digne de le commander un jour.
A la suite d'opérations malheureuses pour les armes françaises en Italie, les Autrichiens, à la fin de la campagne de 1746, étaient entrés en Provence. Le 10 novembre, le maréchal de Belle-lsle y fut envoyé pour prendre le commandement en chef de l'armée que déjà le maréchal de Maillebois, n'ayant pas voulu attendre l'arrivée de son successeur, avait remis par intérim au