BEAUX SENTIMENTS DE M. DE GISORS
occupez (le payer vos dettes par rapport à moi, je serois le plus malheureux des hommes si vous vous tourmentiez encore à l'avenir pour un tils à (fui vous avez déjà fait une assez iîrande fortune. C'est actuellement à lui de la mériter et de travailler ; à vous, mon cher père, de jouir de la gloire de vos travaux et de n'être plus retenu dans la carrière laborieuse où vous êtes que par l'impossibilité de refuser vos conseils à un maître qui désire se conduire par vos lumières et vos leçons, à des ministres qui, parvenus si longtemps après vous à la connoissance des affaires, ont besoin que votre expérience guide leurs talents. Tant que les bontés d'un maître qui vous a comblé de bienfaits et la déférence des autres exigeront le sacrifice de votre tranquillité, vous le leur devez ; mais encore une fois, mon cher père, que je n'entre pour rien dans votre séjour à la €0ur. L'estime des honnêtes gens, d'être reconnu par le public pour votre digne fils, et le repos de ma conscience, voilà les seuls objets de mon ambition que je ne peux satisfaire qu'en travaillant et non en obtenant encore. J'ai besoin pour cela que la Providence me fournisse des occasions et non vous. En attendant ces occasions, vous rendre des soins à Bizy, à Metz, à Paris, ne vivre réellement que pour vous, me seroit plus doux, plus flatteur que de recevoir dans la galerie de Versailles les compliments, les révérences et les protestations dont on accable le lils d'un ministre, qu'on tourne peut-être, le moment d'après, en ridicule. Je sens bien que plus les circonstances sont critiques, plus vous croyez vous devoir au Conseil du roi; mais, en vérité, si vous ne pouvez pas l'emporter sur les autres, il est bien amer que, dans le temps où vous êtes celui qu'on croit prési-