SÉCURITÉ DU PRINCE DE HILDBURGIIAUSEN
temps et les moyens de se réparer. Cependant deux détachements avaient été poussés au loin, vers Li'itzen et Leipsig , pour reconnaître les dispositions des Prussiens, Enfin, toute l'armée combinée sous les ordres du prince de Hildburgliausen était venue prendre ses cantonnements sur la rive gauche delà Saala, de telle sorte que d'Iéna, où était sa droite, jusqu'à Mersebourg, où était sa gauche, il y avait à peu près vingt lieues de distance. 11 ne manquait pas de gens dans les troupes françaises qui trouvaient cette disposition bien dangereuse. Où donc était le danger? Le prince général en chef ne le voyait pas; les détachements qu'il avait rappelés de Saxe ne lui rapportaient aucune nouvelle inquiétante. 11 comptait donc passer tranquillement l'hiver. C'était aussi l'avis de Pàris-Duverney. « Je suis surpris, écrivait-il de Paris, le 24 octobre, au marquis Dumesnil, que M. le maréchal (de Richelieu) ait été inquiet sur les opérations de M. de Soubise. Sa jonction faite (1), le roi de Prusse a-t-il des forces pour hasarder une action ? Il n'y a pas la moindre vraisemblance. »
Le 31 octobre, les cantonnements de Mersebourg et Weissenfels étaient subitement attaqués par les Prussiens. La surprise n'eut pas un succès immédiat, par ce que les ponts de la Saala, dont les troupes assaillantes
« Vous verrez, moucher pôro, par la lettre ci-jointe de M. de
Vault, que je vous envoie pour vous seul, que je m'occupe dans mon coin du bien public autant que je peux. Jai cru devoir instruire par lui M. de Soubise de l'esprit de mécontentement et de l'état de misère dans lequel nos vingt bataillons étoient partis. D'après les mesures qu'il prend pour subvenir à leurs besoins, ils se trouveront plus
heureux à son armée que dans celle-ci « [3441, n°^ 174-175].
(1 La jonction de M. de Soubise avec le détachement amené par le duc de Broglie.
MANOEUVRE DE l'aRMÉE PRUSSIENNE 311
voulaient surtout s'emparer, purent être brûlés parles troupes assaillies ; mais les généraux alliés se hâtèrent de lever et de rappeler sur le centre les cantonnements de la droite aventurés à léna et à Dornburg. L'armée n'était plus séparée qu'en trois fractions, à Weissenfels, à Naumbourg- et à Mersebourg. C'était encore trop ; une concentration d'urgence fut jugée nécessaire ; le ^ novembre, les trois fractions quittèrent les bords de la Saala et se replièrent en convergeant vers Miiclieln, où elles se joignirent et prirent position. Pendant ce temps, les Prussiens s'occupaient de rétablir le pont de Weissenfels. Le 3, toute l'armée prussienne était sur la rive gauche de la Saahi, évidemment prête à recevoir ou à donner la bataille. « Monseigneur, écrivait de Ilalberstadt au comte de Clermont un de ses officiers employé à l'armée de Richelieu, oserai-je demander à Votre Altesse ce qu'elle pense de la manœuvre de Sa Majesté prussienne? Ce prince, avec dix-huit ou vingt mille hommes au plus, marche sur une armée de cinquante-cinq mille hommes, lui fait repasser une rivière, entame son arrière-garde, passe cette môme rivière à sa vue, présente la bataille, se retire, campe en mesure et ne. perd pas un homme. Quelle combinaison ! Quelle audace dans celte façon de couvrir un pays! Je vous en demande pardon, monseigneur, j'en suis l'admirateur. Ces mouvements nerveux sont dignes de Votre Altesse Sérénissime (1)... » D'un bout à l'autre remplie d'erreurs, cette lettre, au point de vue des faits, ne vaut rien ; par l'esprit qui l'a dictée, par la date surtout, elle
(1) Baron (io Bon au comte de Clernionl, 5 novembre 17o7. Papiers de Glermonl, 17o7, t. Il, n" 101.