‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 166 sur 277 · FAUTES DU MARÉCHAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

FAUTES DU MARÉCHAL DE RICHELIEU

Zeven, étaient menacés; on disait même Hambourg investi. Quelle perplexité pour le maréclial de Riclielieu 1 M. de Soubise vaincu l'appelait d'un côté, les Hanovriens menaçants l'attiraient d'un autre. Quand il apprit enfin que M. de Soubise n'était ni pressé ni suivi même, il ne fut soulagé que de sa moindre inquiétude. Restait la difficulté hanovrienne qui le touchait davantage, car elle lui était absolument personnelle. Cependant il espéra, il voulut espérer que la seule marche de ses troupes sur l'Aller, où elles allaient prendre leurs quartiers, de Verden à Zell, suffirait pour faire rentrer 'et pour contenir désormais dans le cercle de leurs obligations les Hanovriens égarés. Comment avaient-ils pu en sortir ? Par la faute de la cour, disait le maréchal. La cour disait : par la faute de M. de Richelieu. La cour avait raison contre le maréchal.

Il y avait d'étonnantes lacunes dans la convention de 'Closter-Zeven, telle que M. de Richelieu lui-même en avait dressé les articles : rien sur le désarmement des troupes qui capitulaient, au moins des troupes auxiliaires; rien sur leur neutralité pendant le cours delà guerre; rien sur le temps fixé pour le départ des contingents de Hesse, de Rrunswick et de Gotha ; rien même sur la durée de la suspension d'armes ni sur le délai pour l'échange des ratifications. De tous ces points, le premier était si essentiel et capital que Duverney y avait pensé d'avance. « Si par hasard les troupes de Brunswick et de Hesse vouloient abandonner la partie, avait-il écrit au maréchal, j'imagine bien que vous en exigerez le désarmement. » Cette lettre, datée ■du 30 août, était arrivée à Closter-Zcven, le 7 septembre, c'est-à-dire la veille du jour oii fut signée la

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convention. Était-il d'ailleurs nécessaire d'attirer sur ce point Tattenlion du maréchal? Non, sans doute, car il y avait bien songé lui-même. Dans la dépêche qu'avait portée au ministre de la guerre, avec le texte de la convention, le duc de Duras, M. de Richelieu disait expressément : « Les voilà dispersés à jamais ; je n'ai pas voulu prononcer positivement leur désarmement et leur dispersion, parce qu'il peut être dangereux de pousser h bout par des termes trop durs dans les premiers moments;... c'est à vous à le prononcer plus explicitement vis-à-vis du landgrave, du duc de Brunswick et du Gotha. Ce ([ui reste des troupes de Hanovre dans la banlieue de Stade est comme nul par la garantie du roi de Danemark (1). » Pour en finir plus vite, il avait donc sciemment omis pour son compte et laissé h la charge du gouvernement tout ce qu'il y avait de difficile et de grave. Il avait même tellement conscience de sa faute que, dès le lo septembre, il écrivait encore au ministre de la guerre : « J'attends avec impatience votre ordre pour le désarmement et la dispersion des troupes de Hesse et de Brunswick ; je le ferois toujours par prudence, si je ne recevois pas à temps de vos nouvelles (:2). »

Aux cris de triomphe poussés d'abord à la cour par la coterie du maréchal répondirent tout de suite les critii[ues; ce n'était pas M. de Belle-lsle seulement qui se récriait, c'était un ami dévoué de M. de Richelieu, l'abbé de Bernis : comment le maréchal n'avait-il pas interdit aux Hanovriens la liberté de porter les armes?

(1) Richelieu à Paulmy, 10 seploniljrc 17o7 [3li'1, n" ii4].

(2) Richelieu à Paulmy, lo seplombre 1757 f;iii9, u» iH].

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