RETRAITE DÉSORDONNÉE
de plus pour rennemi, à vrai dire ; il était impossil)le dans cette saison de secourir Harbourg. Le maréchal s'en était convaincu lui-même (1).
Cependant ce n'était pas tout que de s'être avancé pour ne rien faire, l'essentiel était de se retirer sans encombre. Le mar([uis de Villemeur, qui devait diriger la retraite, était par ancienneté le premier lieutenant général de l'armée ; ses talents, par malheur, n'avaient pas grandi avec ses années de service. Esprit confus et indécis, grand raisonneur sur de petits objets, il ne savait inspirer h ses subordonnés ni ardeurni confiance. M. de Gisors avait eu le regret de présider lui-même à rembar(iuement de ces cinq cent cinquante hommes qu'on envoyait si vainement se faire prendre dans Harbourg; deux cents, plus du tiers, appartenaient au régiment de Champagne (2). Quand le dernier bateau eut démarré, la retraite commença, c'est-à-dire le désordre. Champagne qui, le 29, avait quitté Winsen, y fut ramené le 30, en ressortit le même jour, et après huit heures de marche, moitié par des prairies noyées, moitié sur une digue étroite et fangeuse, quand la nuit noire le força de s'arrêter dans un village, au bord del'Elbe, il se trouva tout juste à une lieue et demie de Winsen. Au point du jour, il reçut l'ordre d'y rentrer encore. On eût vraiment dit que l'état-major se faisait un jeu de ce « ballotage ». En revanche, les « furieux humoristes » que, malgré ses soins, le comte de Gisors avait dans son régiment, ne ménageaient gnhre mes-
(Ij Harbourg capitula le 3 Janvier 1758; la garnison en sortit avec [es honneurs de la guerre, mais à la condition de ne plus servir contre le roi d'Angleterre et ses ailiers.
(2) Gisors à Belle-Isie, 28 et 29 novembre [3444],