M. DE GISORS SAUVE LDNEBOURG
sieurs de l'état-major. Enfin le l^' décembre, Winsen fut décidément évacué.
Le mnrcchal de Riciielien, avec la majeure partie des troupes, s'était déjà replié sur Ueizen, h moitié chemin de Lunebourg à Zell. M. de Villemeur, avec dix bataillons et quatorze escadrons, avait été laissé à Lunebourg- pour faire l'arricre-garde ; il en partit le 3 sur plusieurs colonnes. C'était an comte de Gisors que, d'après les ordres exprès du maréchal, avait été confiée l'honorable et délicate mission de couvrir absolument la retraite. Il avait à ses ordres dix compagnies de grenadiers, cent cavaliers et cent cinquante dragons. Par la négligence des commissaires des guerres, c'était à peine si on avait pu réunir assez de charrettes pour transporter tous les malades de l'armée ; au bruit du prochain départ des Français, les paysans des environs s'étaient enfuis avec leurs attelages. II y avait dans la ville des magasins considérables qu'il était impossible d'évacuer. Déjà les soldats s'en étaient promis le pillage et, de ces magasins aux maisons voisines la convoitise gagnant de proche en proche, la ville entière était sous la menace d'un désordre immense. Par son autorité, par sa fermeté, par son sang-froid, le comte de Gisors empêcha tout. Quand il sortit de Lunebourg, le dernier, il se sentit le cœur soulagé d'une mortelle angoisse.
Le 4 décembre, il s'arrêtait à Bevensen, à trois lieues en arrière de M. de Villemeur qui était à Ueizen. Sur sa droite il entendait un bruit de combat. Pourquoi les Hanovriens, au lieu de suivre une autre colonne, ne s'étaient-ils pas attaqués à lui ? Ses ordres lui prescrivaient de demeurer trois jours h Bevensen ; c'était