‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 18 sur 277 · CAMPAGNE DE 1747 EN PROVENCE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE 1747 EN PROVENCE

Paris à Lambesc seulement, il ne prit pas moins de dix journées d'autant plus fatigantes que les voyageurs les passaient non pas en voiture, mais à cheval, non pas sur des bêtes de choix et d'allure douce, mais sur des bidets de poste qui secouaient rudement leurs cavaliers. Cependant chaque matin, le premier qui se montrait, les guêtres bouclées, tout prêt à partir, c'était le petit comte. Royal-Barrois avait été appelé de Flandre en Provence ; il était cantonné à Brignoles ; la première visite de l'enfant fut pour son régiment ; quoiqu'il ne dût pas le commander, il était bon qu'ils fissent connaissance avant de se rencontrer sous le feu l'un et l'autre. En attendant les coups de fusil, le comte de Gisors servait de secrétaire au maréchal ; par tout ce qu'il voyait, écrivait ou entendait, il apprenait que toute la guerre ne se fait pas sur le champ de bataille, qu'avant l'action beaucoup d'apprêts sont indispensables, et que la réflexion, la méthode, l'ordre, l'exactitude sont des qualités esssenlielles chez un homme de guerre. Enfin tout fut prêt et l'on marcha en avant ; il vit alors les dispositions qu'un général avisé fait de ses troupes suivant l'objet qu'il veut atteindre ; celles que le maréchal avait imaginées pour le passage du Var étaient particulièrement remarquables, et quoique l'ennemi, dans la journée du 3 juin, n'y eût point fait d'obstacle, leur valeur, aux yeux des bons juges, n'en était point pour cela diminuée. Les Autrichiens se retiraient, mais ils laissaient des sièges à faire : Montalban, Villefranche, Vintimille. Ce fut alors que le comte de Gisors cessa d'être un enfant pour devenir un soldat. Il se comporta Gravement, les trois places furent réduites, et le cardinal de Tencin put écrire sans flatterie au maréchal de

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