‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 19 sur 277 · PROJET POUR DÉLIVRER GÈMES · texte numérisé non relu

PROJET POUR DÉLIVRER GÈMES

Belle-Isle : « Vos opérations réussissent à souhait et la bonne conduite de M. le comte de Gisors doit mettre le comble à votre contentement (i). »

L'un des principaux objets de la campagne était la délivrance de Gènes que les Autrichiens, unis aux Piémontais, tenaient assiégée. Entre les racines de l'Apennin et la mer la route était bien étroite, bien pénible, bien favorable à la défensive, et le cheminement bien long en conséquence. Afin de diviser les forces de l'ennemi et de diminuer d'autant sa résistance sur le littoral, les deux frères de Belle-Isle avaient imaginé une diversion par les Alpes qui ne pouvait manquer de rappeler les Piémontais sur leur propre territoire. Ce fut le chevalier qui se chargea de l'entreprise. Ce qui avait fait le malheur de l'armée française en Italie, l'année précédente, c'était l'obligation de concerter ses mouvements avec ceux des troupes espagnoles qui combattaient avec elle, et même d'y subordonner les siens, car, pour une bien funeste raison de convenance, c'était l'infant Don Philippe, gendre de Louis XV, qui était le général en chef des armées réunies, et ses lieutenants espagnols avaient grand soin que son commandement ne fût pas seulement nominal. Celui qui l'exerçait alors, le marquis de La Mina, ne manquait pas de contrarier les projets du maréchal de Belle-Isle ; la diversion par les Alpes surtout lui faisait jeter les hauts cris ; on lui demandait d'y concourir par quelques troupes de soutien ; il s'y refusait avec obstination. « Je ferai encore demain une forte tentative auprès de M, de La Mina, écrivait de

(1) 3 juillet 1717 ;3316, m 791-

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