DIFFICULTÉ AU SUJET
compagnie. La parade se monte ici avec la même régularité qu'à Metz, à cela près qu'au lieu d'y faire venir tous les officiers, il y en a seulement un nombre de commandés pour rinspeclion, et qui, moyennant cela, sont responsables de tout ce qui pourroit manquer à la tenue de la garde.
« Je vous entretiens de bien des misères, mon cher père ; mais de quoi parler à Osnabruck ? 11 me tarde bien de vous parler réellement de mon amour et de mon respect (1). »
Ce fut pendant son bal même qu'il reçut, le 19 janvier, les désolantes nouvelles que lui avait adressées de Hanovre, le 15, le chevalier de Puységur, et ce fut entre deux contredanses qu'il s'échappa un moment pour les envoyer à son père (2). « Chose inouïe dans Osnabruck, lui mandail-il encore le lendemain, mon bal a duré jusqu'à quatre heures du matin, et il m'a paru que toute la ville que j'avois assemblée étoit fort contente. Si ce matin, à mon réveil, Larose(3) m'avoit apporté un passe port, ma joie eût été aussi parfaite (4). » Au lieu de son passeport, ce fut une lettre du maréchal de Richelieu, fort polie dans la forme, mais très désagréable au fond, qui lui arriva le 2:2 jtinvier. A vrai dire, c'était la troisième qu'il recevait du maréchal sur une affîure dont il n'avait encore rien dit à son père que d'une manière vague, comme dans ce passage d'une lettre du 9 janvier : « On fait au régiment de Champagne, ainsi qu'à moi, une foule de tracasseries dont je
(1) 18 janvier 1758 [3500, n» 148].
(2) Gisors à Bclle-Islc, 19 janvier [3500, no^ 94 et 95].
(3) Un de ses (lomesti(iues qu'il avait envoyé à Hanovre. <4) -20 janvier [33/00, n«98].
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n'ai garde de vous ennuyer, mais qui m'excèdent enfin après toutes les peines que je me donne pour le métier (1). »
L'affaire était celle-ci : un usage, de tout temps reconnu et pratiqué selon le droit de la guerre, avait toujours attribué aux officiers composant Tétat-major des places conquises, avec mission d"y maintenir Tordre et la sécurité publique, un traitement spécial à la charge des habitants. Comme la ville de Zell avait d'abord été assignée pour résidence au régmient de Champagne, le lieutenant-colonel et quelques autres officiers du régiment avaient été choisis pour former l'état-major de la place (2). Le comte de Gisorsétait resté de sa personne en dehors de cet arrangement, et, pour les questions pécuniaires qui devaient suivre, quoiqu'il n'eût rien à y voir pour lui-même, il avait exigé l'avis et le consentement de l'intendant de l'armée. Muni de l'autorisation écrite de M. de Lucé, le lieutenant-colonel de Champagne, nommé lieutenant de roi de Zell, avait réuni les magistrats, et ceux-ci, après une courte délibération, étaient convenus de donner au lieutenant de roi quinze cents livres par mois, mille au major, cinq cents à chacun des deux aidjes majors, et deux cent cinquante à chacun des deux capitaines des portes, au total un subside mensuel de quatre mille livres qu'ils avaient même payé sur-le-champ pour les mois de novembre et de décembre (3^. Plus tard, les changements survenus
(1) [3471, no 51]
(2) Gisorsà Bcllc-Isle, G novembre 1737 [3143].
(3) Voir les Mémoires du duc de Luynes, t. XYI, p. 3i0. Le duc de Luynes, dont l'exposé n'est pas très exact, nomme la ville de Hanovre au lieu rie Zell.