RAPPEL DC MARÉCHAL DE RICHELIEU
essayait de lutter encore, le 12 janvier 1758, il proposait, à titre d'arrangement, d'accorder au maréchal de Richelieu « la liberté de venir passer deux mois à la cour, » après l'arrivée du comte de Glerraont, « choisi pour commander en son absence (1). »
Il est certain que le maréchal de Richelieu ne doutait pas que l'apparition de son irrésistible personne à Versailles et deux ou trois conversations avec Mme de Pompadour ne lui fissent regagner et au delà toute la faveur que son absence lui avait fait perdre. Une lettre du ministre de la guerre, datée du 16 janvier, le surprit fort en lui apprenant que le congé qu'on lui envoyait était détinitif. Il prit d'ailleurs sa disgrâce en grand seigneur. « Je n'ai pas eu besoin de courage pour le soutenir, écrivait son fidèle Dumesnil à Pàris-Duverney ; l'exemple du sien m'en auroit donné, si j'en avois eu besoin ; car jamais il ne s'est montré supérieur aux autres hommes comme dans cette occasion, ayant regardé son rappel comme une grâce (2). » Dans sa réponse au ministre, le flegme de M. de Richelieu était tout voisin de l'impertinence : « Je n'ai, disait-il, qu'à vous marquer ma satisfaction de la bonté que le roi a de me permettre de m'en aller. Je croyois mon arrivée à la cour importante pour le service, et c'étoitce qui me donnoit le plus de courage pour y insister ; elle ne l'est aujourd'hui que pour moi et ma satisfaction sera fort grande, si le roi est content de mes services et m'honore toujours de ses bontés ; elle seroit complète, si vous n'aviez point exigé que j'attendisse ici M. le comte de Glermont, et
(1) Réflexions de M. Duverney. — Arrangement proposé par M. Duverney. Papiers de Clermont, 1757, t. Il, n<" 121-1-2:2.
(2) 28 janvier 1738. Correspondance Duvcrney-Dumesnil, iv&i.