‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 197 sur 277 · LETTRE DE LOUIS XV · texte numérisé non relu

LETTRE DE LOUIS XV

basse pour offrir, par le lit glacé des rivières, un facile passage aux colonnes ennemies ; de sorte que la gelée étant favorable au prince Ferdinand, le dégel au comte de Clermont, la question de la pluie ou du beau temps devenait, au moins en Hanovre, une question politique et militaire du premier ordre. « Mon cousin, écrivait Louis XV au comte de Clermont, le mémoire que vous avez envoyé par votre premier courrier et vos dépêchés de celui qui Ta suivi, je ne vous le cacherai pas, m'avoient fait une peine extrême ; celles que nous reçûmes hier du 20 me tranquillisent à beaucoup d'égards. Il est sûr que l'abandon du pays d'Hanovre dans ce momentci est un coup mortel pour le système politique que je me suis fait et que j'ai adopté, y ayant de tout temps eu beaucoup d'inclination. Il n'y a, par conséquent, rien que je désire autant que sa conservation ; celle de mon armée ne m'est pas moins chère, non plus que la gloire de mes armes et la vôtre en particulier, par l'amitié que j'ai pour vous depuis notre plus tendre enfance... Si la gelée ne vous revient pas, comme je l'espère, messieurs les Hanovriens ou- Prussiens auront de la peine à vous inquiéter. J'ai toute confiance en vous, parceque vous êtes sage, que vous voulez le bien et que je vous aime (1). » — « Ah! monseigneur, lui écrivait de son côté madame de Pompadour, quel désespoir votre lettre du 48 avoit mis dans mon âme î Je ne vous ennuierai pas de tous les motifs qui le causoient ; vous les savez aussi bien que moi. Votre lettre du 20 me ranime et me fait espérer que vous tiendrez assez longtemps

(I) Lettre originale et autographe du roi, datée de Versailles, 26 février 1758. Pap. Clermont, 1738, t. I, no 81.

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