‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 198 sur 277 · VERDEN MENACÉ · texte numérisé non relu

VERDEN MENACÉ

pour nous donner celui de faire nos arrangements avec nos alliés. Votre courage est connu, et la résolution que vous paroissez avoir prise nous prouvoit plus que tout le mauvais état de l'armée... Si j'osois, je me llatterois que vous ne repasserez pas ce vilain Weser. Qu'il m'a donné de chagrin ! Je le hais à mort. Je vous suis attachée, monseigneur, avec le même acharnement (1). » Nouvelle péripétie : le 19 février, au moment même oïl le comte de Saint-Germain, arrivé depuis trois jours à Brème, recevait le commandement des mains du duc de Broglie, son prédécesseur, qui était envoyé par le comte de Clermont à Cassel, l'ennemi attaquait subitement Rotenburg. C'était le principal avant-poste de Verden, où commandait le prince de Bauffremont. Celui-ci y courut dès le soir même ; mais le lendemain un autre corps hanovrien, ayant réussi à passer la Wumme, coupa toute communication entre Verden et Rotenburg. D'après le témoignage important et désintéressé du comte de Saint-Germain, Verden était un poste insoutenable, et sa conviction à cet égard était telle qu'il s'était hâté de faire partir, dans le journée du 20, le comte de Chabo et ses volontaires royaux, ceux-ci pour renforcer la garnison de Hoya, celui-là pour y commander, car la chute inévitable de Verden allait donner à cette petite ville une importance capitale pour la défense du Weser. Entre Brème et Hoya, bien gardées, bien pourvues, il n'y avait guère à craindre que l'ennemi osât s'aventurer sur la rive gauche du fleuve. Le 21, après un engagement plus sérieux que ne voulut le croire le comte de Clermont, M. de Saint-Chamans,

(1) Lettre autographe du 28 février 1758. Ibid., n° 83.

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