‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 199 sur 277 · ÉVACUATION DE VERDEN · texte numérisé non relu

ÉVACUATION DE VERDEN

que le prince de Bauffremont avait laissé à Verden, prit le parti d'évacuer la place et de se replier avec la garnison sur Brème. Il est certain que cette retraite fit grand bruit au quartier général et à Versailles. M. de Saint-Chamans, attaqué dans une mauvaise place par des forces supérieures, avait craint d'y sacrifier ou d'y faire prendre inutilement ses troupes. Sans doute il eût mieux fait d'y soutenir la lutte, au risque d'y succomber héroïquement ; l'apathie morale de l'armée avait besoin d'être secouée et réveillée par quelque choc énergique. L'exemple avait manqué à Verden ; Hoya y pourvut.

Le maréchal de Richelieu était bien coupable ; de tous ces postes dispersés et comme perdus sur un si vaste espace, il avait écrit au roi qu'il n'y avait pas d'inquiétude h prendre, parce que chacun d'eux était une citadelle (4). On vient de voir ce qu'était Verden ; Hoya ne valait pas davantage. Lorsque le comte de Cliaboy était arrivé, il n'y avait trouvé aucune disposition défensive : point d'enceinte, point de redoutes ; à peine même y avait-il des munitions. Il fallut faire venir des cartouches de Brème ; les chariots qui les apportaient faillirent être pris par les Hanovriens. Le 23, la ville fut assaillie en même temps par les deux rives du Weser, le prince héréditaire de Brunswick ayant, la nuit précédente, passé sur des barques et des radeaux, avec cinq bataillons. Le comte deChabo, vaillamment secondé parle chevalier de Lemps, lieutenant-colonel du régiment de Bretagne, fit une admirable défense. Animés par la voix f .. • ■■ .

{\) Belle-Islc au comte de Clennonl, 2i février, l'ap. Clermont, 1758, t. I, no 79.

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